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Les mascottes pour attirer les consommateurs juniors
Les mascottes pour attirer les consommateurs juniors © Maxppp - Jean-François FREY

Foodwatch dénonce le marketing alimentaire vers les enfants

Diffusion du mercredi 18 avril 2018 Durée : 2min

L'association Foodwatch s'attaque au marketing dirigé vers les enfants...

Pour appuyer sa dernière initiative en la matière, l'association rappelle qu'en France, un enfant sur six est en surpoids, voire obèse. Et qu'il risque de le rester à l'âge adulte. C'est dans ce contexte qu'elle lance une pétition en direction du groupe Lu, filiale de l'Américain Mondelez. Elle lui reproche d'utiliser l'image, très séduisante pour les enfants, d'un petit ours présenté comme "le complice du goûter des enfants" pour vendre ses produits. Des produits gras et sucrés dont la consommation ne devrait donc pas être encouragée. Et pourtant Mondelez a signé une charte dans laquelle il s'engage à ne pas communiquer en direction des moins de 12 ans. Une charte qui visiblement n'est pas très contraignante.   

Lu n'est pas le seul à utiliser des mascottes sur les emballages

Non c'est même un sport national pour les marques et les publicitaires. Chez U, les mascottes s'appellent Mat et Lou et elles n'illustrent que les paquets de produits sucrés comme des gâteaux ou des céréales. Dans les rayons d'Auchan, plus de 200 produits portent la marque Rik et Rok Rik, un hibou et un lion. Chez Intermarché, ce sont les P’tits Prods lapin, toucan vache ou pingouin qui décorent les emballages des produits qu'il fabrique. Casino a les Doodingues, Leclerc les Marks Oasis a transformé les fruits en personnages animés. Chez Kellogs on trouve un lion, un singe, une abeille pour n'en citer que quelques uns. Mais il y a aussi Captain Igloo, le Géant vert, et le Prince de Lu.   

Si les marques les utilisent c'est que ça marche

Deux chiffres le démontrent : la fidélité à une marque s'établit dès l'âge de deux ans. Et les deux tiers des produits qu'on consomme pendant l'enfance seront toujours dans notre chariot à l'âge adulte... Selon une étude du cabinet Junior City, les mères de famille reconnaissent dépenser en moyenne 10€ de plus que d’habitude, si leur enfant est avec elle. Or 60 % des enfants accompagnent au moins une fois sur deux leurs parents quand ils font les courses. D'où l'importance pour les marques de se faire remarquer par les plus jeunes. Le Bureau européen des consommateurs, relayé en  France par la CLCV notamment, a demandé aux marques de cesser d'utiliser ces mascottes pour leur image, après avoir constaté que dans 99 % des cas, elles servent à vendre des produits qui ne sont pas recommandés. Et qui selon l'OMS ont un lien direct avec l'explosion de l'obésité infantile

Dominique Esway