Toutes les émissions

La minute conso

Comme ses concurrents, Herta a enlevé le nitrite de ses jambons
Comme ses concurrents, Herta a enlevé le nitrite de ses jambons © Maxppp - Claude Prigent

Herta, la marque la plus achetée en France, est à vendre

Diffusion du lundi 4 mars 2019 Durée : 2min

Nestlé le géant de l'agroalimentaire cherche à vendre sa filiale Herta. C'est pourtant une marque qui a un énorme succès. C'est celle qu'on achète le plus souvent en grande surface. C'est la saga de la Minute conso cette semaine

Herta a un taux de notoriété de 99 % en France. Plus de huit foyers sur dix achètent ces produits, en moyenne dix fois par an. Soit un million de produits par jour. L'histoire remonte à 1897 quand Ludwig et sa femme Wilhelmine Schweisfurth ouvrent un premier magasin de charcuterie en Allemagne. Cinq ans plus tard, ils inaugurent leur première usine. Cinquante ans plus tard, en 1947 Karl, le fils du fondateur trouve le nom Herta pour les produits de l'entreprise. En 1959 Herta lance les premières charcuteries coupées et pré-emballées dans les rayons des tout premiers magasins en libre-service. Et rachète cette même année la Société lorraine de produits alimentaires et ses cinq usines. Quatre ans plus tard, Carrefour inaugure son premier hypermarché à Sainte Geneviève des bois, en banlieue parisienne et Herta s'installe dans les nouveaux rayons en libre service. Herta s'implante ensuite en Belgique en 1968 puis au Royaume Uni en 1971.  

Mais Herta ne se contente pas de vendre en France 

En 1973 l'entreprise inaugure une première usine dans le Pas de Calais à Saint Pol sur Ternoise. C'est là qu'on produit encore aujourd'hui le jambon le Bon Paris et les Knacki. Herta se diversifie en 1984 en rachetant la société Supraliment qui fabrique des croque-monsieurs à Romainville en Ile-de-France. Et deux ans plus tard, le géant suisse Nestlé reprend l'ensemble. La palette de produits s'élargit. Herta se met à la pâte à tarte, à la pâte à pizza puis aux saucisses de volaille. Une deuxième usine de production ouvre en 1989 en Alsace. Et à partir de 2016, pour répondre à une demande croissante des consommateurs, l'entreprise commence à fabriquer des produits à base de végétaux comme des steaks de soja par exemple.   

Pourquoi Nestlé veut-il s'en débarasser ?  

En fait le géant suisse ne veut vendre que les activités liées à la viande. Et garder tout ce qui concerne la pâtisserie et les produits à base de végétaux qui ont le vent en poupe. Il s'agit ni plus ni moins que de suivre ce que dictent les clients : ils consomment de moins en moins de viande et se détournent progressivement des préparations industrielles. Les charcuteries de Herta sont donc doublement pénalisées. Nestlé explique depuis des années qu'il veut investir le créneau de la nutrition qui soigne ou du moins qui permet d'éviter les maladies chroniques comme le diabète ou l'obésité. Un créneau où il n'y a pas de place pour les charcuteries d'Herta.  

Dominique Esway