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La minute conso

Le E171 devra être supprimé d'ici la fin de l'année
Le E171 devra être supprimé d'ici la fin de l'année © Radio France - Olivier Bénis

La chasse au dioxyde de titane, E171, est officiellement lancée

Diffusion du mardi 29 mai 2018 Durée : 2min

Le gouvernement veut supprimer le dioxyde de titane utilisé dans l'alimentation d'ici à la fin de l'année. Un produit qui est soupçonné d'être cancérigène

Cet additif  est classé comme potentiellement cancérigène depuis 2006. Mais c'est en 2017 seulement que l'agence européenne sur les produits chimiques se penche sur le dossier. De son côté l'Institut national de la recherche agronomique a aussi publié l'an dernier une étude démontrant qu'il  a des effets cancérigènes sur les rats. Le dioxyde de titane qui est appelé E171 sert à donner un aspect très blanc et lisse, brillant. Il est utilisé dans l'alimentation et les boissons. On le trouve dans les enrobages de pâtisseries, les bonbons, les crèmes glacées, les yaourts et presque tous les plats préparés. Il n'a aucun intérêt du point de vue de la nutrition. La direction de la consommation a passé au crible 74 produits alimentaires. 39 % contenaient des nanoparticules. Et 87 % des 40 produits cosmétiques.   

Sans qu'on le sache forcément 

Et c'est bien le problème. Pourtant depuis 2013 une loi oblige les fabricants de cosmétiques à signaler la présence de nanoparticules dans leurs produits. Et c'est aussi une obligation légale depuis 2014 pour les industriels de l'alimentaire. Des contraintes qui ne sont visiblement pas respectées puisque de tous les produits étudiés par la direction de la consommation, un seul affichait clairement la présence de E171 dans sa composition...    

Donc d'ici à la fin de l'année il sera supprimé ?   

Oui et non. Oui parce que les industriels vont déjà dans ce sens. C'est le cas des magasins Système U mais aussi de William Saurin, des bonbons Lutti, Verquin Arlequin et des chewing gums Malabar. Le syndicat des confiseurs s'est engagé dans la même voie ainsi que la fédération des distributeurs qui promet de le supprimer dans les produits aux marques des enseignes.  Mais cette future interdiction ne porte que sur l'alimentaire. Or on trouve aussi du dioxyde de titane dans les médicaments et les vaccins, les cosmétiques, notamment dans les crèmes solaires, les déodorants dans les dentifrices pour les rendre plus blanc, dans le maquillage comme colorant, dans les emballages et les films plastique, dans les blouses médicales, les combinaisons des pompiers.... Qui plus est, le dioxyde de titane n'est pas la seule nanoparticule qu'on retrouve dans les produits de la vie quotidienne. Le dossier va être étudié à l'échelon européen, mais pas avant 2020.

Dominique Esway