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La devanture du magasin Dia à Rueil-Malmaison.
La devanture du magasin Dia à Rueil-Malmaison. © Radio France - Sylvie Johnsson

La fin de l'enseigne Dia en France

Diffusion du lundi 11 juin 2018 Durée : 2min

Presque 250 magasins Dia vont fermer leurs portes, ce qui va entraîner la suppression de 2000 emplois dans l'hexagone.

Dia a démarré en Espagne mais c'est une création française. C'est le groupe Promodès qui décide en effet de tester là le premier concept de magasin alimentaire discount. Le premier ouvre en 1979 à Madrid. Cinq ans plus tard, l'enseigne lance son premier produit sous sa marque. Elle se développe sous la forme de franchise, d'abord en Espagne puis de ce côté-ci des Pyrénées. Dia lance sa carte de fidélité en 1998, et se met déjà aux produits bio. Dia se développe rapidement dans la péninsule ibérique mais aussi en Amérique du sud.   

Et en 1999 Dia change de mains

En fait c'est Promodès qui est racheté par Carrefour qui trouve donc Dia dans la corbeille de la mariée. Carrefour rapproche alors cette chaîne de son enseigne Ed l'épicier qui est proche. Parallèlement, Dia poursuit son expansion, au Brésil, en Turquie et jusqu'en Chine en 2003. Il reprend aussi la centaine de magasins Penny market dans le nord de la France. Mais en 2011, sous la pression de ses grands actionnaires qui veulent être mieux rémunérés, Carrefour est obligé de céder  le groupe Dia. Qui à l'époque emploie 45 000 salariés dans le monde dont presque 10 000 en France. Et qui redevient donc un concurrent de son ex maison mère.   

Mais pas pour très longtemps  

Effectivement. En 2014, c'est le coup de théâtre. Carrefour décide de racheter tous les magasins français de Dia, pour 645 millions d'euros. Il met ainsi la main sur 800 points de vente, qui génèrent plus de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires. Dont beaucoup sont très bien placés notamment dans le Sud Est et  à Paris où les places sont chères. Ce qui va permettre à Carrefour d'essayer de rattraper Franprix qui a pris une bonne longueur d'avance dans la capitale. Carrefour en revend quelques uns et transforme les autres sous ses diverses enseignes de proximité, Carrefour Contact, Contact Marché et Carrefour City, selon qu'ils sont en ville ou pas. Ce qui coûte cher et entraîne des pertes pour le groupe, mais toujours moins cher que de démarrer de zéro selon les dirigeants. Mais les résultats du groupe patinent et un nouveau PDG arrive en juillet dernier. Alexandre Bompard lance un grand plan de restructuration. Et il met en vente 273 magasins Dia. 29 seulement seront repris avec leurs 195 salariés.  A condition que Carrefour accepte les offres des repreneurs.

Dominique Esway