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Baisser les prix des produits dont la date limite approche, une stratégie souvent mise en oeuvre pour réduire le gaspillage
Baisser les prix des produits dont la date limite approche, une stratégie souvent mise en oeuvre pour réduire le gaspillage © Maxppp - Pierre Heckler

La lutte contre le gaspillage alimentaire fait l'unanimité des magasins

Diffusion du jeudi 14 mars 2019 Durée : 2min

La lutte contre le gaspillage alimentaire a fait beaucoup de progrès depuis la loi Garot votée à l'unanimité il y a trois ans. C'est ce que montre le premier baromètre sur les invendus de Comerso qui fait le point des nouvelles pratiques des grandes surfaces

Depuis février 2016,  tous les commerces alimentaires qui font plus de 400 mètres carrés sont obligés de passer une convention avec des associations caritatives pour leur donner leurs invendus et ne plus les jeter. Aujourd'hui 99 % des responsables de magasin disent connaître la loi et 92 % font ce que l'on appelle du stickage c'est à dire qu'ils mettent des étiquettes spécifiques sur les produits qui approchent la fin de la limite de consommation pour que les produits en question partent plus vite et ne risquent plus d'être jetés. Et 94 % donnent leurs invendus à des associations. Mais la lutte contre le gaspillage commence en amont. 98 % des directeurs de magasins ont revu la gestion de leurs stocks et presque autant ont réajusté leur assortiment pour mieux coller à ce que veulent les clients.   

On voit souvent ces étiquettes de durée courte 

Et pour cause. Les deux tiers des magasins disent pratiquer le stickage depuis trois ans.  C'est surtout le cas pour les produits frais, et qui pour ceux qui sont en libre service. Pour les magasins, c'est un bon moyen de limiter la casse c'est à dire les produits qui devront être jetés. Pour trois directeurs sur quatre cela permet de préserver les marges du magasin. Rappelons qu'elle est en moyenne de 3,5% dans la distribution. Dans plus de 6 cas sur dix, il s'agit aussi de répondre à une demande des clients. Pour que ceux-ci s'y retrouvent facilement, 40 % des magasins regroupent ces produits bradés dans une zone baptisée anti-gaspi. Quand aux prix, ils sont réduits de 40 à 50 % dans la majorité des cas. Et pour que ça marche deux conditions doivent être réunies : d'abord ces étiquettes doivent être facilement visibles pour les clients et les outils d'étiquetage doivent être connectés à la gestion de stocks.  

Et pour les dons aux associations où en est-on ? 

Presque tout le monde s'y est mis, depuis trois ou plus. Et dans sept magasins sur dix, les salariés sont spécialement formés. Mais moins d'un magasin sur cinq donne l'intégralité des produits venant des rayons frais à la coupe et un sur quatre pour les produits frais en libre service. L'enquête relève trois grandes motivations. Les magasins veulent satisfaire leur conscience sociale, ils sont sensibles à l'argument financier et ils veulent éviter de remplir les poubelles. Mais ils citent aussi leurs convictions personnelles, les pressions émanant de leur patron, les demandes des clients et les liens avec les associations locales.

Dominique Esway