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La mode s'ouvre lentement à l'éco-responsabilité
La mode s'ouvre lentement à l'éco-responsabilité © Maxppp - Eric Duliere

Le monde de la mode devient aussi éco-responsable

Diffusion du vendredi 21 septembre 2018 Durée : 2min

Chaque jour, on nous parle de l’urgence de sauver la planète, en commençant par ne pas gaspiller ses ressources. L’attitude éco-responsable entre donc doucement mais sûrement dans les mœurs, et cela concerne aussi désormais le secteur de la mode.

Imaginez des sacs ou des blousons fabriqués avec des feuilles d’ananas ou des bouteilles en plastique recyclées en semelles de baskets. Le réflexe du vêtement durable, ce n’est plus le choix d’une infime minorité. La profession s’en empare, la preuve à Première Vision Paris. Le salon de la filière mode organisée encore ce vendredi à Villepinte donne davantage de place cette année aux innovations éco-responsables. L’espace Smart Square double sa surface, où se retrouvent 25 entreprises proposant des matériaux alternatifs pour l’industrie. Cela peut-être aussi bien des tissus, des cuirs, des fils, des teintures ou des systèmes d’impression. Dix produits finis durables sont également exposés.

Le sujet inspire de jeunes créateurs et de grandes marques de luxe

Dans les couloirs du salon à Villepinte, on découvre ainsi par exemple une veste style Chanel, faite de laine classique et de sachets en plastique découpés. La création est signée par le label Botter. Ce duo néerlandais vient d'être nommé à la direction artistique de Nina Ricci. A voir aussi, ces baskets Adidas fabriquées à partir de plastique recyclé, et cela n’a rien de confidentiel. On en a vendu un million d'exemplaires depuis 2015. Et puis, il y a aussi Piñatex, de l'entreprise britannique Ananas Anam. La matière textile fabriquée à partir de fibres de feuilles d'ananas donne un matériau aussi souple et robuste que le cuir traditionnel.

L'attitude éco-responsable, un moyen d'afficher sa vertu

La mode est, après le pétrole, l’industrie la plus polluante au monde. Logique, pour obtenir un vêtement, il faut du tissu. Il peut être issu de la pétrochimie, les vêtements en fibres synthétiques ou artificielles occupent 58% du marché. Ce tissu peut également provenir d'une plante, majoritairement le coton, qui est particulièrement gourmand en eau, en pesticides et en engrais. Il reste enfin le cuir. Ce sont des bêtes qu'il faut nourrir avec des céréales nécessitant là aussi beaucoup d'eau. En terme d’image, les maisons de luxe ont donc tout intérêt à tirer l'industrie vers le haut. Certains ne s’y trompent pas. Le groupe français Kering par exemple, qui compte entre autre Gucci ou Balenciaga annonce avoir déjà réduit son impact environnemental de 25 %, tout en visant les 40% à l’horizon 2025.