Replay du mercredi 24 octobre 2018

Les magasins de déstockage alimentaire en plein essor

Ils fleurissent dans nos zones commerciales et supplantent presque les enseignes de hard-discount. Les magasins de déstockage alimentaire ont la cote partout en France. Le concept est simple : écouler les invendus en pratiquant des prix cassés. Mais faut-il pour autant passer en caisse ?

Il y a environ 3.000 magasin de déstockage en France.
Il y a environ 3.000 magasin de déstockage en France. © Maxppp - Jean-François Frey/PHOTOPQR/L'ALSACE

Une tablette de chocolat à 79 centimes, un litre de lessive à 3 euros, un kilo de foie gras pour moins de 25 euros et en bout de course, une panier allégé d’une centaine d’euros par mois.  Tout ça grâce aux déstockeurs comme Noz, Action, StokOmani ou Frais Malin. Ces enseignes, apparues pendant la crise économique, se multiplient dans nos zones commerciales : il y en a aujourd’hui 3.000 dans toute la France et leur chiffre d'affaires a bondi de 60% ces dernières années. On y vend des produits de marque au rabais, jusqu’à 4 fois moins cher qu'en supermarché classique, type Carrefour ou Auchan, et moins cher aussi qu’en hard-discount, chez Lidl ou Aldi. 

Produits abîmé ou en fin de vie

Ces produits arrivent tout droit de l’industrie agroalimentaire ou de la grande distribution. Pour résumer, ce sont des articles dont personne veut pas dans le circuit traditionnel de consommation.  On n'en veut pas parce qu’ils sont en fin de vie ; parce que leur emballage est abîmé ; parce que la livraison a eu du retard ; parce qu’ils ne sont pas beaux - vous savez les fameux "légumes moches" ;  ou encore parce qu’ils n’ont pas plu à la clientèle.

Avec cette marchandise "peu désirable", les fabricants ou les distributeurs craignent de ternir leur image. Et puis surtout, depuis 2016 et la loi contre le gaspillage alimentaire, il ne peuvent plus jeter la nourriture.  Voilà pourquoi, ils la vendent avec 25% de rabais minimum aux magasins de déstockage. Ces déstockeurs peuvent donc pratiquer des prix bas, sans trop rogner sur leurs marges. 

Quel risque sur la santé ? 

Rassurez-vous, vous ne risquez pas grand chose avec ces produits. En tous cas, il n’y a jamais eu de cas d’intoxication alimentaire lié au déstockage. En ce qui concerne les produits frais, le déstockeur n’a pas le droit de vous vendre un article avec une date limite de consommation dépassée. En revanche, il peut le faire si cette DLC approche : un yaourt "à consommer avant" trois jours ou une viande qui périme le lendemain.  

Pour les produits secs, les conserves, les surgelés, on parle de date de durabilité minimale. Par exemple, des gâteaux à consommer "de préférence avant" novembre. Après cette date, le magasin de déstockage sera autorisé à les vendre : ils seront peut-être moins savoureux, plus mou, mais pas dangereux pour autant. 

Enfin, attention, un déstockeur ne sait jamais à l’avance ce qu’il va recevoir. Si vous avez adoré un paquet de céréales, pas sûr de le retrouver en rayon la semaine prochaine.