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Perquisition chez les fabricants de sandwiches

Par le mercredi 21 septembre 2016
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Les sandwiches ont beaucoup de succès à l'heure du déjeuner
Les sandwiches ont beaucoup de succès à l'heure du déjeuner

L'Autorité de la concurrence a perquisitionné chez les fabricants de sandwiches qui approvisionnent les grandes surfaces

L'Autorité de la concurrence a envoyé ses inspecteurs faire des visites surprises et des saisies dans plusieurs entreprises spécialisées dans la fabrication de sandwiches pour les super et hypermarchés. Elles seraient soupçonnées de s'être entendues pour gonfler les prix et donc faire payer les consommateurs plus cher. Il y a plusieurs méthodes bien connues pour cela : les entreprises peuvent s'entendre sur les prix avant de répondre aux appels d'offre lancés par les distributeurs, elles peuvent se répartir géographiquement les marchés ou limiter leur production pour faire grimper les prix. C'est un marché énorme. 70 % des gens qui travaillent mangent un sandwich à l'heure du déjeuner et il se vend un million et demi de sandwiches chaque jour en France. Dans les grandes surfaces les ventes se montent à 350 millions d'euros.

Qui sont les entreprises concernées ?

L'Autorité de la concurrence ne précise pas chez qui elle a perquisitionné. Pour le moment il ne s'agit que de soupçons qu'il va falloir étayer avec l'enquête menée dans les locaux des sociétés. Les deux plus gros fabricants s'appellent Daunat avec 31 % du marché et Sodebo 29 %, mais ce dernier affirme ne pas être concerné par l'enquête en cours. Tout comme Intermarché qui fabrique lui même les sandwiches qui sont vendus dans ces magasins. En annonçant qu'elle ouvre une enquête, l'Autorité envoie un signal aux entreprises du secteur : or celles-ci connaissent bien la règle : si elles avouent et qu'elles facilitent l'enquête, elles éviteront les amendes. Qui peuvent représenter jusqu'à 10 % de leur chiffre d'affaires.

Ce n'est pas la première fois que l'Autorité de la concurrence s'intéresse aux produits alimentaires

Il y a déjà eu ce genre de perquisition dans les secteurs de l'endive, de la farine, du porc, de la volaille, de la compote et du yaourt. L'an dernier,11 producteurs de yaourts travaillant pour les marques des distributeurs ont été condamnés à 192 millions d'euros d'amende pour s'être entendus sur les prix. Tous les arrangements entre ces sociétés censées se faire concurrence avaient été soigneusement notés dans un petit carnet d'un directeur de Yoplait. Les deux fabricants qui ont collaboré à l'enquête ont été exonérés de peine. Dans le cas des volaillers, l'Autorité a fait preuve de clémence étant donné la fragilité des entreprises.

Dominique Esway