Toutes les émissions

La minute conso

La loi Egalim entre en vigueur le 1er février
La loi Egalim entre en vigueur le 1er février © Maxppp - Alexis Sciard

Pourquoi certains prix vont augmenter demain

Diffusion du jeudi 31 janvier 2019 Durée : 2min

Les prix des produits alimentaires en grande surface vont augmenter à partir du premier février c'est à dire demain. En cause la loi Egalim votée en octobre par le Parlement

L'objectif du gouvernement c'est que les agriculteurs soient mieux rémunérés pour leur travail et que les prix de vente tiennent compte de leurs coûts de production. Cette loi prévoit oblige les distributeurs c'est à dire les grandes enseignes à appliquer une marge d'au moins 10 % sur les produits qu'ils vendent. Résultat de cette nouvelle contrainte les grandes surfaces vont devoir relever les prix qu'elles pratiquent sur certains produits de grande marque qui leur servaient jusqu'ici de prix d'appel pour attirer les clients dans leurs rayons. Et sur lesquels ils réduisaient donc leur marge. D'où la colère des associations de consommateurs. 

Donc tous les prix vont augmenter ?

Les hausses ne vont pas frapper partout de la même façon. Elles vont surtout toucher les produits vendus dans les grandes surfaces qui jusqu'ici se livraient à une féroce guerre des prix comme Leclerc, Géant Casino, Leader Price, Lidl ou Netto, toux ceux qui font de leur prix bas leur argument principal pour faire venir les consommateurs. L'idée c'est qu'aujourd'hui les distributeurs limitent au maximum leurs marges sur les produits d'appel mais qu'ils se rattrapent sur les produits agricoles comme les fruits et les légumes. Le gouvernement veut donc inverser ce système. Avec plus de marge sur les produits d'appel, les grandes surfaces vont mieux rémunérer les agriculteurs. Même si ces produits d'appel ne représentent que 7 % de leurs produits alimentaires. Et le gouvernement veut aussi croire qu'elles ne vont pas augmenter les prix pour les consommateurs. 

Autre disposition limiter les promotions. 

Officiellement on appelle ça empêcher la destruction de valeur. Dorénavant le magasin ne pourra plus proposer un produit gratuit pour un acheté. Il faudra deux produits achetés pour un offert, ce qui revient à limiter les promotions à 34 %. Et les promotions ne pourront pas non plus représenter plus de 25 % des ventes d'une enseigne

Les consommateurs risquent donc d'être perdants ?

Effectivement puisque les prix seront plus élevés. Mais les distributeurs cherchent comment ils peuvent atténuer ce qui ne va pas manquer d'être un choc. Deux pistes se dessinent. D'abord reverser une partie des gains des enseignes aux consommateurs par le biais des cartes de fidélité. Deuxième piste : baisser les prix de leurs propres marques. Carrefour annonce déjà une prime sur les grandes marques et 10 % de réduction sur les produits à sa propre marque. 

Dominique Esway