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La minute conso

Ouibus devient BlaBlabus
Ouibus devient BlaBlabus © Radio France - Antoine Deiana

Toujours plus de passagers dans les cars Macron mais toujours pas de bénéfices pour les entreprises

Diffusion du vendredi 15 mars 2019 Durée : 2min

Malgré un nouveau record de fréquentation, les cas Macron ne sont toujours pas rentables. Mais les tarifs pourraient bien augmenter

Depuis l'ouverture à la concurrence des lignes de cars longue distance en 2015, le succès ne se dément pas. L'an dernier, ces cars ont transporté neuf millions de passagers. Sans compter tous ceux qui ont pris un car au départ de France vers une destination en Europe. Alors certes la fréquentation a été dopée par la grève de la SNCF au printemps mais ce n'est pas la seule raison. Par exemple au dernier trimestre de 2018, le nombre de passagers a encore augmenté de 20 %. Mais même comme ça, les entreprises du secteur perdent toutes de l'argent. Ouibus la filiale de la SNCF a perdu 35 millions d'euros en 2017, Isilines la filiale du groupe public Transdev 15 millions d'euros et même l'Allemand Flixbus est dans le rouge de 5 millions d'euros. 

Une situation qui ne peut pas durer

Et qui explique la restructuration en cours dans le secteur. Dans un premier temps Starshipper qui était un regroupement d'autocaristes a été absorbé par Ouibus, les lignes françaises de l'Anglais Megabus ont été reprises par Flixbus. Deuxième étape maintenant : Ouibus qui a perdu 165 millions d'euros entre 2013 et 2017 est racheté par BlablaCar et être rebaptisé Blablabus. Et Transdev aussi jette l'éponge. Le groupe revend ses deux enseignes Isilines pour la France et Eurolines pour l'Europe à Flixbus qui va ainsi consolider ses positions dans l'hexagone. Il y avait cinq compagnies sur ce marché. Elles ne sont maintenant plus que deux.

Qui dit concurrence réduite dit prix en hausse

C'est ce qu'on peut craindre bien sûr. Mais il va falloir compter avec le développement des Ouigo de la SNCF dont le réseau ne cesse de s'étendre. Or un rapport de l'autorité des transports ferroviaires et routiers montre que 20 % seulement des passagers des cars auraient renoncé à leur voyage faute de car. Tous les autres sont donc des clients potentiels du train... ou du co voiturage. L'an dernier, le chiffre d'affaires des compagnies de car s'est monté à cinq euros hors taxe pour cent kilomètres par passager. Presque deux et demi pour cent de plus que l'année précédente. Petit bémol la distance moyenne parcourue par chaque passager a été moins longue. Les compagnies de car rassurent les clients. Elles ne vont pas augmenter les prix. Elles veulent d'abord mieux remplir les cars qui ne sont pleins qu'à environ 60 % aujourd'hui.

Dominique Esway