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La minute conso

Très chères prothèses auditives

Par le mardi 29 septembre 2015
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Après les opticiens ce sont maintenant les audio prothésistes qui sont dans le collimateurs de l'UFC Que Choisir

 

* Une personne malentendante sur quatre seulement porte une prothèse auditive* selon l'enquête de l'association. A cela une raison principale : le prix. En moyenne, il faut compter 1550 euros pour chaque appareil et bien sûr il en faut deux, dans la très grande majorité des cas. Mais ces équipements sont très mal remboursés par la sécurité sociale qui ne prend en charge que 120 euros par appareil. Résultat : pour s'équiper, on doit sortir environ 2 000 euros de sa poche. L'an dernier 600 000 personnes ont quand même fait la démarche, ce qui représentent un marché qui frôle le milliard d'euros. Les ventes ont plus que doublé en quinze ans.

Et pourtant beaucoup de gens ne s'équipent pas ....

Effectivement. On estime que sur 6 millions de personnes qui auraient besoin d'aides auditives, un million et demi seulement ont franchi le pas. Alors bien sûr, il y a encore des gens qui doutent de l'efficacité des dispositifs et il y a aussi des blocages psychologiques mais les Français commencent à accepter l'idée qu'après un certain âge, il faut porter des appareils pour bien entendre. Pour la très grande majorité, le frein principal c'est le coût. Que l'UFC Que Choisir a décortiqué. Première explication : il n'y a pas assez d'audioprothésistes en France, qui constituent le passage obligé. Ils sont un peu plus de 3 000 alors qu'il en faudrait plus de 7 000. D'où des salaires élevés qui sont répercutés sur les prix. Deuxième élément : le prix d'achat des appareils est multiplié par quatre pour les consommateurs. L'UFC Que choisir souligne que c'est encore plus rentable pour les professionnels que les lunettes...Qui plus est on paye en même temps pour les appareils et le suivi, sans toujours savoir combien coûte ce dernier exactement.

Comment améliorer la situation ?

L'association a trois propositions : d'abord il faut augmenter le recrutement dans les écoles d'audioprothésistes. Cette année, ils seront moins de 200, c'est largement insuffisant pour répondre aux besoins de la population. Deuxième idée : séparer le prix des appareils et le coût du suivi. C'est déjà officiellement le cas depuis le vote de la loi Macron mais la sécurité sociale continue à associer les deux. Et puis l'UFC Que Choisir demande aussi un peu de transparence dans les relations entre les audioprothésistes et les médecins qui reçoivent notamment des cadeaux pour orienter leurs patients.

Dominique Esway