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De plus en plus de consommateurs vérifient la qualité des produits sur leur smartphone
De plus en plus de consommateurs vérifient la qualité des produits sur leur smartphone © Maxppp - Frédéric Dugit

Un futur rival pour l'appli Yuca

Diffusion du jeudi 29 novembre 2018 Durée : 2min

Le succès des applications qui permettent de vérifier la qualité des aliments fait grincer des dents l'industrie agro alimentaire. Face à leur influence croissante, elle lance une contre offensive

Ces applications séduisent de plus en plus de consommateurs. On estime qu'aujourd'hui 15 % au moins d'entre eux font leurs courses, leur smartphone en main, pour vérifier les ingrédients des produits qu'ils vont acheter. En lisant le code barre, ils peuvent découvrir la composition des produits et surtout trouver une alternative plus saine, grâce à l'étiquette Nutriscore. Fini les achats les yeux fermés. La plus célèbre de ces applications, c'est Yuka qui a été téléchargée plus de six millions et demi de fois. Mais il y a aussi le pionnier, Open Food Facts qui existe depuis sept ans. La base qu'il a créée, avec l'aide de consommateurs volontaires contient aujourd'hui un demi million de références.    

Et ça marche ?  

Oui à en croire les résultats de Yuka qui scanne chaque jour deux millions d'articles. Autre signe qui ne trompe pas : les fabricants modifient leurs formulations dans le sens des demandes des clients. Ils suppriment les additifs, les colorants repérés comme dangereux ou au moins douteux, l'huile de palme, le parabène dans les produits cosmétiques etc ... Il faut dire que 57 % des consommateurs français disent être plus préoccupés aujourd'hui par leur alimentation qu'il y a trois ans et 70 % n'ont pas confiance dans l'industrie de la beauté... Et pour les produits alimentaires, le Nutriscore cette étiquette qui permet de voir en un clin d'oeil si le produit est sain ou pas, commence à conquérir les rayons des supermarchés alors même qu'il n'est pas obligatoire. Et il s'implante hors de France, en Belgique, en Espagne et au Portugal.   

Au grand dam des industriels qui n'en veulent pas  

Effectivement. Les plus grands groupes internationaux ont mis au point leur propre étiquetage nutritionnel pour contrer le Nutriscore. Qui est nettement plus difficile à déchiffrer et dont l'efficacité en termes de santé n'a pas été démontrée à ce jour. Maintenant la fédération des industriels de l’alimentaire va lancer sa propre base de données baptisée Num-Alim. Elle espère convaincre les 18 000 entreprises du secteur de livrer leurs recettes et la liste de leurs ingrédients.... Ce qui est loin d'être fait. Leurs produits auront alors une étiquette numérique qui outre les ingrédients indiquera aussi les conditions de production, les pratiques agricoles, le mode d’élevage, et à plus long terme la possibilité de recycler ou pas l'emballage. Mais d'ici là le Nutriscore aura encore conquis plus de consommateurs.  

Dominique Esway