Replay du vendredi 25 juin 2021

Benjamins Média, l'éditeur de livres sonores pour enfants se développe avec un 2ème studio à Montpellier

- Mis à jour le

La nouvelle éco s'intéresse chaque matin aux acteurs économiques de l'Hérault. Benjamins Média crée des livres sonores et offre ses services pour des prestations extérieures qui profitent de leur studio d'enregistrement et de leur savoir-faire. Le 1er juillet, l'association s'équipe d'un 2ème studio

Rudy Martel Directeur, éditeur, atelieriste de Benjamins Média
Rudy Martel Directeur, éditeur, atelieriste de Benjamins Média - Benjamins Média

Benjamins Média crée des livres sonores et offre ses services pour des prestations extérieures qui profitent de leur studio d'enregistrement et de leur savoir-faire. Le 1er juillet, l'association s'équipe d'un 2ème studio. Entretien avec Rudy Martel, le directeur, éditeur et ateliériste de Benjamins Média.

Vous vous équipez d'un 2ème studio. C'est loin d'être anodin. Pourquoi cette décision ?

Rudy Martel : Alors on reste toujours 5 rue de l'école de médecine à Montpellier, mais on développe le pôle studio en achetant deux nouvelles cabines. Ce n'est pas anodin dans la mesure où, depuis plus de trente ans, on enregistrait les livres pour Benjamin Média avec pour nous et pour nos clients dans la même cabine. Donc, c'est un gros changement pour nous de la renouveller d'une part et de développer le pôle studio. 

C'est une décision que vous avez prise pendant la crise sanitaire

RM : C'est ça. Comme beaucoup d'acteurs économiques, on a été frappé par la crise sanitaire et économique de 2020, qui perdure encore un peu aujourd'hui. On a assisté à une grosse baisse de notre chiffre d'affaires "livre" en 2020, une baisse de plus de 30 %. On continuait à faire des livres mais les livres ne trouvaient de débouchés puisque les librairies étaient fermées ou ouvertes mais en partie, ce qui a été compliqué pour un éditeur comme nous. Mais en revanche, dans le même temps, on a eu une augmentation de notre chiffre d'affaires "prestation sonore" puisque ce que l'on fait bien pour nous, on essaie de bien le faire aussi pour d'autres acteurs du monde du livre. On a des clients comme Audible, par exemple ou les éditions Talents Hauts à Paris. On s'est donc dit que c'était bien de développer le pôle studio car en cas de crise économique, c'est un moyen de rebondir et d'aller de l'avant.

En fait, Benjamins Média est un petit éditeur avec un petit catalogue, en temps normal, on sort cinq à six livres sonores pour enfants par an. L'année dernière, on a sorti moins de livres, on a reporté des sorties de livres. C'était le premier impact de la crise économique. Le second impact c'est la fermeture des librairies, partielle ou totale, notre chiffre d'affaires a baissé. Notre réseau de distribution c'est la librairie indépendante, générale ou librairie de Jeunesse, donc, lorsque la librairie ferme, le livre de Benjamins Média ne se vend plus.

Quelles sont vos prestations ?

RM : Notre spécialité, c'est la mise en forme sonore d'histoires. Ça peut être de la prise de sons voix, tout simplement, ou de la prise de sons voix avec une mise en musique, une mise en image sonore. Notre spécialité, c'est le son depuis le début, depuis 1987. Et notre particularité, c'est de proposer, pour chaque livre sonore de notre catalogue, une adaptation en braille et en gros caractères. Nous sommes donc démarchés par les éditeurs qui n'ont pas de studio en interne pour des mises en forme sonore. Ça peut être une histoire lue et mise en musique ou mise en son par exemple pour les éditions Talons hauts, ou ça peut être juste une histoire lue pour Audible, auquel cas c'est du livre sonore pour adulte.

C'est vrai que nul n'est prophète en son pays. Benjamins Média est basé à Montpellier mais les montpelliérains ne vous connaissent pas forcément et pourtant, vous êtes distribués partout.

RM : Nous sommes distribués dans toute la France et dans les pays francophones, Suisse, Belgique et Canada. L'École des loisirs a fêté ses 50 ans, nous, on a fêté nos 30 ans. Donc c'est vrai que nous sommes une vieille maison d'édition bien installée, avec une certaine renommée auprès des professionnels du livre, de la petite enfance et du son. Après, effectivement, nul n'est prophète en son pays, auprès du grand public, c'est un petit peu plus compliqué, mais on étant diffusé et distribué, par Harmonia Mundi, qui est un bon gros diffuseur distributeur et en étant distribué par des librairies jeunesse et générale, on arrive à toucher de plus en plus de gens auprès du grand public. Et après les professionnels, les éditeurs, comme Philippe MONTEL de Soladar , se tournent assez facilement vers nous parce qu'ils connaissent la réputation de Benjamins Média, on n'a pas de difficultés à ce niveau là. 

Est ce que les perspectives sont bonnes ?

RM : Avec ce nouveau studio, les perspectives sont bonnes. Nous sommes toujours soutenus par nos partenaires, qu'ils soient publiques ou privés. Ils ont été particulièrement présents pendant cette crise de 2020. Et on projette de sortir 5 livres cette année et six livres l'année prochaine. Donc on est assez optimiste.

Et par rapport à ce monde de plus en plus envahi par les écrans et les images, quelles sont les perspectives ?

RM : Dans les statuts de Benjamins Média, puisque c'est une association loi 1901, il est écrit que Benjamin Media est créée pour justement arracher l'enfant à la dictature de l'image. C'est le concept depuis plus de 30 ans, via notre programme éditorial et aussi via nos ateliers, nous proposons davantage des images pour l'oreille des enfants que des images pour les yeux. Je ne suis pas certain que l'image aujourd'hui ait pris plus de place, ou alors la place d'autres vecteurs. Le son continue de trouver sa place auprès des lecteurs et des prescripteurs. Le son bien fait trouvera toujours preneur.

Même avec les smartphones de plus en plus utilisés par les enfants ?

RM : Oui, et peut être même grâce aux smartphonex, grâce aux tablettes, grâce aux ordinateurs. On le voit bien, ça se développe, le son se développe par ce biais là. Moi, mon objectif, c'est de continuer à proposer un livre papier et un CD avec un code de téléchargement et un support audio. C'est ça mon objectif et c'est ce qui me plaît. Mais les plateformes numériques demandent de plus en plus diffusion juste avec du son, avec le format MP3, sans le livre. Nous essayons nous de concevoir notre livre et notre CD de manière autonome. Un enfant peut soit lire des livres ou regarder les images, soit écouter le livre, soit il fait les deux en même temps. Mais les deux sont autonomes. On peut écouter une histoire, Benjamins Média sans avoir le livre tout en comprenant l'histoire. On ne néglige aucun canal de distribution. 

Mots clés: