Replay du jeudi 10 juin 2021

La nouvelle éco : le KeyTam, un instrument héraultais hybride

En avril 2021, Jogadoc a été primé par Artinovart's, un concours organisé par la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Hérault. L'entreprise de Villeneuve-lès-Maguelone fabrique des instruments hybrides grâce à l'imprimante 3D. Une chronique en partenariat avec ToulEco Montpellier.

Le KeyTam est à mi-chemin entre la guitare, la batterie et la basse
Le KeyTam est à mi-chemin entre la guitare, la batterie et la basse - Gilles Lefranck

L'entreprise Jogadoc, implantée à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), a lancé son KeyTam au début de l'année 2020. Un an plus tard, en avril 2021, elle a été primée par le concours Artinovart's, organisé par la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Hérault.

Un concentré de différents instruments

Le KeyTam est un instrument de musique polyvalent, à mi-chemin entre la batterie, la guitare et la basse. "C'est avant tout une percussion, mais il y a un manche et une sangle, comme pour une guitare, décrit Guillaume Toutain, fondateur de Jogadoc. L'avantage, pour les musiciens, c'est que ça permet de se déplacer sur scène et de ne pas rester bloqué derrière son matériel.

Le son du KeyTam peut être modulé. "Et il sort des sons de basse très profonds, des sons qu'on entend dans le rap ou la musique électronique", compare Guillaume Toutain. L'instrument est aussi personnalisable. On peut par exemple ajouter des petites cymbales.

La première fois que j'ai vu une imprimante 3D, c'était il y a une quinzaine d'années. J'avais dit à mon fils 'peut-être qu'un jour, ça arrivera dans les maisons'. Aujourd'hui, j'en ai six chez moi - Guillaume Toutain, fondateur de Jogadoc

Guillaume Toutain a une formation d'orthoprothésiste. Il est bricoleur. Il s'est donc tourné vers l'imprimante 3D pour fabriquer certaines pièces du KeyTam. "On l'utilise pour créer tout le système mécanique de tension, détaille le musicien. Avec cet outil, on fabrique des pièces de 8 à 38 millimètres. C'est le cas par exemple de la grande partie ronde du KeyTam ou du petit bouton qui permet de régler le timbre." La matière injectée dans l'imprimante 3D est du plastique d'amidon de maïs. Les autres parties de l'instrument, comme le manche, sont en bois.

L'entrepreneur a démarré son activité au début de l'année 2020, au moment où les premiers cas de Covid-19 étaient détectés. "J'ai livré mes premiers instruments, en Europe et aux Etats-Unis, au moment où tout le monde était confiné. Et aujourd'hui, beaucoup de musiciens sont encore au chômage. Ce qui fait que j'ai de grands musiciens, comme Steve Shehan ou Cyril Atef, qui ne peuvent pas le promouvoir."

Autre difficulté : une pénurie de matières premières. "J'ai fait des recherches, et j'ai trouvé un fournisseur français, qui, lui n'avait aucune problématique", explique Guillaume Toutain. Aujourd'hui, il continue de fabriquer ses KeyTam avec ce fournisseur français.

Guillaume Toutain a d'autres idées. Au mois de septembre, il sortira un nouveau KeyTam, amélioré, par rapport à la version précédente, avec les retours de ses clients.

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