Replay du mercredi 24 juin 2020

Nirman

Son album éponyme est sorti le 13 mars dernier

Son album éponyme est sorti le 13 mars dernier
Son album éponyme est sorti le 13 mars dernier -

Nirman, Dimitri Nirman sur le passeport, confesse à 13 ans qu’il sera chanteur. Inconsciemment, c’est le rêve avorté de son père qu’il veut atteindre. Un père barde et musicien russe qui a été contraint de se réfugier dans les caves de Saint-Pétersbourg pour faire entendre ses ritournelles engagées, et qui a bifurqué presque par obligation (la contrainte de la langue) vers la composition de musique de films lors de son arrivée à Toulouse.  

Avec cet album, et sous la houlette de Da Silva, Nirman n’a pas cherché ici à courir derrière les modes. C’est un disque intemporel, aux teintes nuancées et dans lequel les mélodies s’insinuent en douceur et avec élégance.  

Un disque sur lequel des invités investis et de renom se glissent : Thomas de Pourquery au saxophone, Nicolas Fiszman le fidèle bassiste de Benjamin Biolay, Cali pour un duo autour de l’engrenage des errances nocturnes (Compagnon de lune). 

Il y a aussi une délicate offrande à son fils (Je te dirai), une mue féminine et féministe (Quand je ne serai plus belle), l’apprivoisement de l’isolement créatif (Ma solitude), une pièce amoureuse en plusieurs actes (C’est déjà du passé), une déclaration frontale (Mon amour). Il y a là encore une percée dans les eaux plus sombres de la nostalgie (Elles me rappellent) et de la tristesse profonde. Celle de l’absence du père, disparu pendant la conception du disque (Sur le balcon de mon cœur, Où es-tu). Des mots ordinaires, touchants de justesse et de simplicité. Comme son interprète. 

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