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L'histoire de l'Hôtel Dieu à Marseille

Par le mercredi 21 octobre 2015
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L'Hôtel Dieu à Marseille
L'Hôtel Dieu à Marseille

Les origines de l'Hôtel Dieu remontent à 1166, au retour de la 2eme croisade qui fut un cuisant échec pour les armées françaises et allemandes alliées pour la circonstance. Nombre de blessés durent être pris en charge à leur débarquement à Marseille

L'histoire de l'Hôtel Dieu à Marseille

Les origines de l'Hôtel Dieu remontent à 1166, au retour de la 2eme croisade qui fut un cuisant échec pour les armées françaises et allemandes alliées pour la circonstance. Nombre de blessés durent être pris en charge à leur débarquement à Marseille.

Marseille se singularisa par les premières initiatives organisées de sauvetage des enfants abandonnés en 1188. Le Pape Innocent III pape en 1198 fut témoin du terrible spectacle d’enfants abandonnés, flottant sur le Tibre à Rome, décida de mettre en œuvre une procédure pour sauver ces enfants. Ainsi naquirent les « roues des innocents » (nocentini o gettatelli o trovatelli) installées aux portes des couvents et conçues pour préserver l’anonymat des parents contraints à cette extrémité. Un berceau rotatif accessible de l’extérieur de l’édifice religieux permettait d’y placer l’enfant en toute sécurité. L’accès à la roue était protégé par une grille calibrée pour ne permettre le passage qu’à des nouveaux-nés. En actionnant une sonnette, le déposant alertait les sœurs qui, prévenues, pouvaient alors faire tourner la roue afin que le bébé se retrouve à l’intérieur du couvent. On peut encore voir aujourd’hui certaines de ces roues notamment à Florence à l’hôpital des Innocents (voir plus haut) et à Pise dans le hall de l’hôpital des enfants trouvés (trovatelli)

Les orphelins marseillais bénéficiaient d’un système unique en Europe de prise en compte de leurs difficultés à trouver une vie normale. C’est ainsi qu’il appartient à l’Hôtel-Dieu d’accueillir les enfants abandonnés. Ceux-ci sont mis en nourrice jusqu’à l’âge de 10, 12 ans, ils sont alors ramenés à l’hôpital qui assure leur formation et leur trouve un emploi. Pour les garçons, ils sont embarqués comme mousse, ou placés en apprentissage. Les plus doués, demeurent à l’hôpital comme internes et apprennent les rudiments de la chirurgie et de la pharmacie. Ils peuvent ensuite exercer comme compagnons chez les chirurgiens de la ville.

L’interne « gagnant maîtrise » peut faire carrière à l’hôpital. C’est ainsi que l’enfant Moulaud, abandonné et recueilli à l’Hôtel Dieu y devint chirurgien chef. Une salle de l’Hôtel Dieu portait son nom. Les filles abandonnées restaient à l’hôpital comme lingère, cuisinière, ou bien s’occupaient des hospitalisés et se chargeaient de l’entretien. On peut y voir l’origine des infirmières et aide soignantes laïques.

Les recteurs poussaient leur responsabilité jusqu’à leur chercher mari et fournissaient une dot pour faciliter la chose.

Ce système, abandonné au cours du XIXe siècle (1875 à Florence), a du être remis en service depuis une vingtaine d’années à cause de la forte recrudescence de l’abandon d’enfants. Le projet « Culla per la vita » (un berceau pour la vie) est à l’origine de plus de 300 postes d’abandon climatisés depuis une vingtaine d’années et ce sont plus de 70 000 bébés qui ont ainsi été sauvés.

L’Hôtel-Dieu est devenu aujourd’hui Hôtel Intercontinental 5 étoiles

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