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La Provence insolite

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Crèche
Crèche - inconnu

La Provence insolite : Les crèches parlantes !

Diffusion du mercredi 30 décembre 2015 Durée : 3min

Une tradition disparue

Les crèches mécanisées ou crèches parlantes

Musée du Vieil Aix 17 rue de Saporta, Hôtel d’Estienne Saint-Jean Ces crèches ont existé de la fin du XVIIIe après la révolution jusqu’au début du XXe siècle

Personnages articulés (tête, jambes, bras, mains, hanches) et se déplaçant latéralement sur des glissières d’où leur nom parfois employé de marionnettes provençales à glissières. Personnages très réalistes corps en bois mais mains têtes et bras en carton-pâte, les yeux en pâte de verre. Les habits coupés dans des tissus anciens répliques des costumes provençaux de 1830.

Bergers, paysans, musiciens, villageois viennent à Béthléem adorer Jésus. Ils chantent, ils bougent ils parlent tout cela animé par les manipulateurs cachés sous le castelet, comme à Guignol. Ils alternaient le français et le provençal. Les représentations de crèches parlantes faisaient le plein chaque année. Et il y avait chaque année des nouveautés, un nouveau personnage, un nouveau décor, etc.

Il n’y avait qu’en Provence et, curieusement en Franche-Comté à Besançon où se pratiquait cette coutume de crèches mécanisées. Stephen d’Arve raconte qu’il était allé à Besançon assister à une représentation et qu’il avait eu du mal à garder son sérieux quand le chœur des bergers répond au chœur des anges :

« Turlututu petit patapon, chantons Noël pour ce si beau poupon…. »

A Marseille à la fin du XVIIIe il y avait 5 à 6 crèches mécaniques où on faisait la queue pour rentrer. L’une d’elles était très appréciée c’était celle d’un certain Laurent, rue du Panier. Laurent était inventif et pas toujours très rigoureux dans sa représentation provençalo palestinienne… Ainsi il avait mélangé aux chèvres et aux moutons, des girafes, des hippopotames, des rennes, des phoques…

Il avait aussi inventé une scène où le rideau du fond se levait, apparaissait un navire de guerre qui tirait une bordée de canon pour saluer la naissance de l’enfant Jésus et repartait. Laurent tirait une petit ficelle qui faisait réagir le bambin qui tressaillait dans son berceau de paille…

Jean-Paul Clébert raconte : « À l'époque du Concordat, Laurent montrait même un carrosse qui s'avançait vers l'étable ; le pape en descendait, suivi des cardinaux. Devant eux s'agenouillait toute la Sainte-Famille et le pape lui donnait sa bénédiction. Pendant l'adoration des bergers, un rideau se levait, dévoilant la mer sur laquelle voguait un bâtiment de guerre. Une salve d'artillerie saluait l'enfant Jésus qui, réveillé en sursaut, ouvrait les yeux, tressaillait et agitait les bras ».

Texte de Jean-Pierre Cassely. CALENDRIER DES VISITES GUIDÉES EN 2016