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La Provence insolite : Le tombereau de Menpenti

Par le mercredi 13 janvier 2016
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Menpenti
Menpenti - inconnu

Quand les chiens avaient la rage...

Au XIXe siècle les chiens enragés ainsi que les chiens errants sont des plaies de la ville. Aussi la mairie engage-t-elle des actions contre la prolifération des chiens.

Deux techniques principales, l’abattage et le poison. Ce sont des saucisses empoisonnées disposées le soir dans différentes rues de la ville. 200 seront ainsi empoisonnés pour le seul mois de janvier 1812. Dans le même mois 70 chiens sont assommés et abattus. Les victimes sont ramassées par une équipe qui conduit un tombereau dit « tombereau de Menpenti ». Mais voilà, ils demandent à faire ce travail de nuit et à être escortés… Pourquoi ? Parce que les marseillais ne supportent pas l’idée qu’on tue des chiens et brocardent les « chapacans » (encore que chapacan désigne plutôt ceux qui attrapaient les chiens pour les emmener à la fourrière. Le tombereau est conspué par la foule et spécialement par les enfants.

Le maire (Monsieur de Montgrand) demande conseil au maire de Lyon sur la politique canine de la capitale des gaules. Réponse à Lyon on paie ceux qui amènent les chiens errants à la fourrière, 3 F pour un gros chien, 2 F pour un chien moyen et 1 F pour un petit chien. Pour récupérer son chien il faut verser 10 francs. Tout chien qui n’est pas réclamé dans les 48 heures est abattu. Inutile de dire que le procédé fonctionne à merveille, la sélection par l’argent étant toujours très efficace…

L’alerte de rage avait été provoquée par l’admission d’une famille de 5 personnes de St Zacharie dans le Var qui avait recueilli une chauve-souris et qui auraient pu être mordus. (la blague de Bigard) Face à cette maladie mortelle de triste mémoire, la médecine est tenue de prévenir, or il n’existe pas de test clinique qui détecte la présence du virus rapidement. Il faut donc attendre les premiers symptômes (qui peuvent mettre plusieurs années avant de se manifester) ce qui équivaudrait à compromettre le pronostic vital. « De ce fait, le traitement de tout cas suspecté est la règle. »

Texte de Jean-Pierre Cassely, Accédez à son calendrier des VISITES GUIDEES