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L'écrivain Blaise Cendrars
L'écrivain Blaise Cendrars - Inconnu

La Provence insolite : l'écrivain Blaise Cendrars

Diffusion du jeudi 12 novembre 2015 Durée : 2min

L'écrivain Blaise Cendrars

Aix, Marseille, la Redonne et Blaise Cendrars

Plaque à la rue Clémenceau à Aix. Dans « l’homme foudroyé », Blaise Cendrars écrira : « je découvrais des poches d’outremer, des golfes en miniature, des ilots, des bosquets sacrés, des roches, des tables à l’antique, une crique, un désert de pierres… »

Blaise Cendrars, pseudo de Frédéric-Louis Sauser (1er/9/1887 – 21/1/1961), écrivain d'origine suisse, naturalisé français en 1916. Engagé dans l'armée française comme volontaire étranger, il participe à la 1ere Guerre mondiale. Le 28/9/1915, il perd au combat sa main droite, sa main d'écrivain, amputée au-dessus du coude. Cette blessure marque profondément l'œuvre de Cendrars. En lui faisant découvrir son identité de gaucher, elle a bouleversé son rapport à l'écriture.

Il s’installe à Aix en 1940 et va y demeurer jusqu’en 1948. L'Homme foudroyé est écrit entre 1943 et 45. À l'occasion de ce retour à l'écriture, un jeune photographe inconnu, Robert Doisneau, est envoyé à Aix pour faire un reportage sur Cendrars : Cendrars, un éléphant solitaire. 4 ans plus tard, Cendrars écrit le texte du premier album de Doisneau : La Banlieue de Paris, qui révèle le photographe.

A Aix il fréquente les 2G et utilise leur papier à lettre pour son courrier. Bastien le serveur le servait avec ces mots : « Un pot de vermouth plein aux as, Pour l’illustre Monsieur Cendrars »

En janvier 1948, il quitte Aix-en-Provence pour Villefranche-sur-Mer

Le Vieux Port est celui de Marseille, ville de cœur de Cendrars. Il en livre les secrets, une savoureuse galerie de portraits, les gueuletons préalablement arrosés de pastis, puis un passage à la Redonne pour écrire un livre qu’il n’écrira pas mais qui lui permet de nous offrir entre autre une superbe critique des gens de lettres (ces animaux malades de la peste) et des milieux littéraires (les plus jobards de tous!). Enfin les Rhapsodies gitanes qui occupent la moitié du volume.

Dans « De l’Estaque à Pounent » Eds de la Nerthe, Gérard Chevé écrit : « Un de mes oncles qui n’avait sûrement jamais rien lu de Cendrars se souvenait d’un parisien riche, manchot, possédant une belle voiture (une Alfa-Roméo qu’il conduisait avec sa seule main gauche valide) venant passer des soirées bien arrosées chez Roux, l’auberge de la Redonne ». Dans l’homme foudroyé il écrira « Bien que je n’y ai pas travaillé je n’ai jamais été aussi heureux qu’à la Redonne ».

Texte de Jean-Pierre Cassely www.provence-insolite.org