Replay du lundi 30 novembre 2015

La Provence insolite : La tombe du gendarme Pecot

La tombe du gendarme Pecot

La tombe du gendarme Pecot à Aix
La tombe du gendarme Pecot à Aix - Jean Marie Desbois, 2010

Cimetière Saint-Pierre / Avenue des Déportés de la Résistance Aixoise

Horaires : tous les jours de 8h à 12h et de 14h à 17h30 l’hiver (18h45 l’été)

Au fond du cimetière, pratiquement en face de la tombe de Cézanne, l’œil est attiré par une belle tombe hiératique représentant un lion au repos juché sur un haut socle de pierre. Une plaque de marbre nous informe de l’identité du défunt : le gendarme Pecot tué par un braconnier en 1852.

Ce que ne dit pas la plaque c’est que si la municipalité a financé l’édification de la tombe et offert la concession perpétuelle, c’est parce qu’à l’époque cette affaire eut un retentissement exceptionnel compte tenu des circonstances du meurtre du pandore.

Le dimanche 31 octobre 1852, le brigadier de gendarmerie Leboulanger et le gendarme Pecot se trouvaient près du relais de la Mounine sur la route de Marseille, lorsqu’ils décidèrent de s’enfoncer dans les collines en direction de Gardanne, pour y rechercher d’éventuels braconniers.

Parvenus près du château de Valabre, ils furent attirés par des aboiements de chiens de chasse. Ils s’élancèrent alors dans la direction d’où parvenaient ces sons en s’éloignant l’un de l’autre.

Le gendarme Pecot se retrouva ainsi face à face avec un braconnier qui, sans demander son reste, tira ses deux coups de fusil en pleine poitrine. La mort fut immédiate.

Le brigadier Leboulanger qui avait assisté de loin à la scène, n’eut pas le temps de viser l’assassin car il reçut une décharge de plombs à la tête tirée dans son dos.

Laissé pour mort par les braconniers, il survécut car son chapeau avait amorti une partie de la décharge. Son témoignage allait s’avérer déterminant pour identifier les coupables.

Or, il se trouve que les enquêteurs purent établir que ce jour là onze chasseurs illégaux originaires de Simiane se trouvaient sur les lieux. Ce qui bien évidemment donna une image désastreuse aux habitants de ce village à l’époque.

Et alors que l’assassin du gendarme Pécot reconnu par le brigadier Leboulanger écopa des travaux forcés à perpétuité, il ne fut pas possible d’identifier formellement celui qui lui avait tiré dessus par derrière. Si bien que le chasseur que l’on soupçonnait fut acquitté. 

Texte de Jean-Pierre Cassely / provence-insolite.org 

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