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Léo Taxil ridiculise l'église le Pape et Sainte-Thérèse de Lisieux

Par le mardi 20 octobre 2015
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Léo Taxil
Léo Taxil

Léo Taxil ridiculise l'église le Pape et Sainte-Thérèse de Lisieux

Dans la deuxième chapelle à gauche de l’église haute de la basilique ND de la Garde, est accroché au mur, un panneau de bois peint, portant entre autres la photo de sainte Thérèse de Lisieux (Thérèse Martin, née, Alençon, le 2 janvier 1873), la date de 1887 et en entête cette phrase : « Thérèse de Lisieux, patronne des missions, est venue prier ici, à Notre-Dame-de-la-Garde ». La surprise provient de d’un nom dont on se demande a priori ce qu’il vient faire là ! Il évoque le scandale car il s’agit de Léo Taxil : « Léo Taxil, journaliste marseillais ridiculise l’Église, dernière épreuve de Thérèse ». En effet, Marie Joseph Gabriel Antoine Jogand-Pagès, dit Léo Taxil (Marseille, 1854 - Sceaux, 1907) était un écrivain surtout connu pour avoir été l’auteur d'un canular célèbre auquel furent pris le pape, les évêques de France et Thérèse de Lisieux.

Son engagement d’anticlérical militant l’amena devant la cour d’assises de la Seine qui lui reprocha d’avoir écrit un livre intitulé « à bas la Calotte », insulté une religion reconnue par l'État et outragé la morale publique, mais il fut acquitté.

En 1885, il se convertit subitement au catholicisme, fit un pèlerinage à Rome et reçut l'absolution de Léon XIII, le même pape qui refusera deux ans plus tard à Thérèse une dérogation pour entrer au carmel avant l’âge requis. Toute l’énergie qu’il avait mis au service de l’anticléricalisme, Léo Taxil va la mettre alors dans une campagne de haine et de dénigrement de la franc-maçonnerie dont il avait été exclu dès le 1er degré pour fraude littéraire.

Il accusa les loges d'adorer le démon et en 1895 il fit paraître avec un certain Carl Hacks, sous le pseudonyme du Docteur Bataille « le diable au XIXe siècle ». Dans cet ouvrage, il reprenait les confessions d’une certaine Diana Vaughan décrivant le culte satanique appelé « palladisme », pratiqué par les frères et auquel elle avait su se soustraire. Ce livre eut un grand succès de vente auprès des catholiques et Thérèse, frappée par ces révélations, envoya une lettre à Diana Vaughan et, s'inspirant des textes de la convertie, écrivit une pièce de théâtre intitulée « le triomphe de l'humilité ».

Lorsque des doutes furent émis sur la réalité du personnage de Diana Vaughan, Léo Taxil organisa une conférence le 19 avril 1897 dans la grande salle de la Société de géographie de Paris. Il révéla que Diana Vaughan était une simple dactylo et que tout cela était un canular ce qui provoqua un tollé. Il ne dut son salut qu’à une protection policière et fut forcé de quitter Paris.