Replay du samedi 21 novembre 2020

Le théâtre des deux boules, sans doute le premier des théâtres érotiques

En 1975, au théâtre des deux boules, des femmes et des hommes font l’amour dans un filet au-dessus des spectateurs.

La rue des écoles aujourd'hui
La rue des écoles aujourd'hui © Getty - Frédéric Soltan

Pierret Perret, gentiment voyeur, laissait entrevoir dans cette chanson des années 70 une femme nue sous sa douche, une esquisse de ce que Paris a connu et vu une seule fois dans son histoire, voir s’afficher dans les rues, les façades de cinéma et les devantures de théâtres une liberté sexuelle, érotique et pornographique. 

C’est certain, on voyageait plus à regarder des affiches comme "Emmanuelle", "Banane Mécanique" ou "Couche moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole” que "Lavez-vous les mains régulièrement, éternuez dans votre coude et portez un masque". 

La bonne moralité, les lois, les décrets, les interdictions ont eu raison d’une époque, sinon bénie, en tous cas bannie. Alors, ressortons comme un vieux grimoire maléfique une diablerie de l’INA qui va faire sursauter les ligues de vertus. En 1975, le lieu à Paris, le théâtre des deux boules, rue des écoles, le spectacle, des femmes, des hommes font l’amour dans un filet au-dessus des spectateurs. 

Le théâtre des deux boules, chapelle de la fornication, accueillait des vrais comédiennes et comédiens comme Erika Cool, une Hollandaise comac la délicieuse Myriam Watteau et Yohan Jeff. 

Alors les tableaux scéniques s’enchainaient au Théâtre des deux Boules ; jeux jumelles, foutrerie de poète, séance spéciale et escale à Bantock. 

A Paris, rue des écoles, le théâtre des deux Boules a fermé ses portes il y a bien longtemps. Le Berverly, dernier cinéma X dans le 2e arrondissement a, permettez-moi l’expression, plié les gaules en 2019, le sexe a disparu dans la grande ville “couvrez ce sein que je ne saurais voir, par de pareils objets, les âmes sont blessées et cela fait venir de coupables pensées”. 

Au Secours Molière revenez, Paris s’est acheté une fausse vertu.  

Mots clés: