La saga de Paris

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Antoine Blondin le 01 mai 1985
Antoine Blondin le 01 mai 1985 © Getty - Louis MONIER - Gamma-Rapho

Le marathon des leveurs de coude

Diffusion du samedi 29 février 2020 Durée : 3min

Une chronique à consommer sans modération

A genoux buveurs impénitents, l’église Saint germain est une cathédrale, le marathon des leveurs de coude fut durant 30 ans à Paris une odyssée consacrée à tous les excès. Les princes de la cuite s’appelaient Jean Cormier, grand reporter et journaliste sportif au Parisien, Antoine blondin, l’écrivain diabolique et Carlos le chanteur populaire qui déambulait dans les rues de Saint germain des Près comme le Pape, en Carlos Mobile. 

Saint Germain des Près, 1986, débute le Marathon des leveurs de coudes, 42 kilomètres, peut-être moins mais surtout 42 bistrots, de la brasserie Lipp à chez Castel, 42 fois le même geste athlétique, du coude, 15 équipes déguisées en martiens, chevaliers, faux flics ou faux gangsters, boire jusqu’à plus soif du Beaujolais jusqu’à oublier que l’on boit du Beaujolais.

Steff Gotkovski, un ancien du groupe punk les Garçons Bouchers a levé le coude à plusieurs reprises dans ce marathon de fous joyeux en compagnie de rugbymen et même des All blacks. 

Il n’y avait pas que des nouveaux Zélandais dans  ce marathon des leveurs de coude, le rugby français, les amis de Jean Cormier, venait lui prêter main forte : Maso, Paparemborde, Paco ou Pierre Dospital.  

A la mémoire de Carlos, Jean Cormier, Antoine Blondin et ses verres de contact, des ballons de rouge qu’il buvait entre amis sur « des comptoirs very very formica », le marathon des leveurs de coude, disparu, avait des allures d’un singe en hiver, encore Blondin et son stylo plume qui se transformait souvent en tire-bouchon, les Belmondo, Blier, Ventura et Gabin auraient donnés leur bénédiction à cette belle déambulation dans un Saint Germain des Près poétique, éthylique et libéré.