La saga de Paris

Samedi et dimanche à 08h15

Fernand De Brinon, représentant du gouvernement de Vichy, fait un salut nazi devant les cendres de Napoléon 2 le 15.12.1940 lors de leur transfert aux Invalides
Fernand De Brinon, représentant du gouvernement de Vichy, fait un salut nazi devant les cendres de Napoléon 2 le 15.12.1940 lors de leur transfert aux Invalides © Getty - Keyston France - Gamma-Rapho

Paris sous l'occupation 9 - Radio Paris ment, radio Paris est allemand

Diffusion du dimanche 3 novembre 2019 Durée : 3min

En cet hiver 1940, Paris est vert de gris.

Comme  si c’était un pied de nez à l’occupant, les Parisiens ont cette faculté  de donner des surnoms aux Allemands : boches, chleuhs, fritz, casque à pointe, doryphore, fridolin, teutons et vert de gris. Oui en cet hiver 1940, Paris est vert de gris. Et ce n’est pas le Maréchal Pétain  au soir de la saint sylvestre et sa longue litanie de conseils ronflants  qui remontent le moral de la population.

Dans ce discours, on est pleinement dans la collaboration, il faut  travailler dure pour l’Allemagne dit Pétain sans le dire. Mais il y a pire. Sur les Champs Elysées, Radio Paris déverse à longueur de journée sa propagande pro nazie, stigmatisant les Anglais, les communistes et les Juifs. Écoutez cet auditeur, qui se dit employé de banque, en réalité un  comédien à la solde de Radio Paris. 

Fin 40 a lieu également dans la capitale un évènement grandiloquent orchestré par les nazis : le retour des cendres aux Invalides de  Napoléon II, duc de Reichstadt le fils de Napoléon Premier. 

De façon implicite, il s’agit d’une entreprise de propagande pour faire  comprendre à la population parisienne que Hitler devient le maître de  l’Europe comme le fut Napoléon en son temps. La population parisienne  se fout de cette cérémonie pompeuse, sa préoccupation quotidienne est  celle de manger à sa faim. Et c’est le poète Paul Eluard qui décrit au  mieux la détresse des Parisiens.