La saga de Paris

Samedi et dimanche à 08h15

Jacques Doriot lors d'un congrès du Parti Populaire Français
Jacques Doriot lors d'un congrès du Parti Populaire Français © Getty - Gamma-Keystone

Paris sous l'occupation 3 - les Parisiens s’étiolent

La guerre est déclarée, c’est la stupéfaction à Paris. C’est la guerre et pourtant, il ne se passe quasiment rien. Les Parisiens s’étiolent. Quelques rares avions ennemis de reconnaissance survolent l’île de France. Les reportages à la radio se veulent cocardiers et rassurants.

Depuis le début de cette drôle de guerre, peu de restriction à vrai dire. À Paris, les autorités instaurent deux jours sans viande, la vente de l’essence est libre, les théâtres, les brasseries, les cinémas respectent de moins en moins le couvre-feu. Néanmoins, dans les usines, Renault, Panhard, Citroën et les autres, les ouvriers travaillent 60 heures par semaine. De même dans la fonction publique, on s’ennuie ferme dans les hôpitaux, les commissariats et les ministères. Beaucoup de Parisiens regrettent d’avoir envoyé femmes et enfants à la campagne chez des cousins ou cousines. Paris a jeté dans les rues son voile noir et triste. Seules quelques émissions de radio -la télé n’existe pas en 40-, remontent le moral des Parisiens. Charles Trenet et Johnny Hess animent un show avec le concours de la Redoute. 

À l’assemblée nationale, on s’active beaucoup, les appétits sont féroces. Au conseil, Daladier n’en n’a plus pur longtemps, bientôt remplacé par Paul Reynaud, plus va-t’en guerre. Le parti communiste français qui a signé le pacte germano-soviétique est dissous, le journal l’Humanité interdit. 35 députés sont incarcérés. Les maires communistes de Saint Denis, Montreuil, Argenteuil, Ivry Gennevilliers sont remplacés par des délégués nationaux. Jacques Doriot, ancien communiste devenu fasciste a la rancune tenace. 

Bientôt, Jacques Doriot passera dans le camp des collabos, bientôt la France va perdre la guerre, bientôt Paris sera occupé par les Allemands.