La saga de Paris

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L'hiver 1941, glacial et sans espoir dans la misère du Paris occupé
L'hiver 1941, glacial et sans espoir dans la misère du Paris occupé © Getty - Print Collector - Hulton Archive

Paris sous l'occupation 14 - Un rude hiver

Diffusion du dimanche 8 décembre 2019 Durée : 3min

Les Parisiens manquent de tout y compris du charbon pour se chauffer.

L’hiver 41 est rude à Paris. Les Parisiens manquent de tout y compris du charbon pour se chauffer. Du coup, pour trouver un peu de chaleur, ils vont dans les cinémas et les théâtres. En 1941, Sacha Guitry signe deux pièces dont une est jouée à la Madeleine : Vive l’Empereur ou le soir d’Austerlitz et La preuve pas sept, interdite par la censure allemande.  Chez lui dans son hôtel particulier, Au 18, de l’avenue Élisée Reclus, Guitry n’a rien changé de ses habitudes, il mène toujours grand train, ce qui lui vaudra d’être jalousé et inquiété à la libération. Le théâtre est sa vie, le théâtre est roi et il est le  roi du théâtre.  

C’est aussi dans la chanson que les Parisiens trouvent un peu de réconfort en  la personne de Léo Marjane, aussi célèbre qu’Edith Piaf.

Marjane  chante dans son cabaret « l’Ecrin » près de l’Opéra, « seule ce soir »,  une chanson dans laquelle de nombreuses Parisiennes s’identifient,  loin de leurs maris, prisonniers de guerre en Allemagne. 

Sur  Radio Paris, à longueur de journée, les litanies anti juifs et  collaborationnistes portent leurs fruits véreux. Fin 41, des synagogues sont saccagées et brûlées, rue des Tourelles, rue Copernic et rue Notre Dame de Nazareth. 

Peu  de Parisiens prennent la défense des juifs et ferment les yeux comme le  cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris, qui comme beaucoup  de dignitaire catholiques, approuve la politique de régénération morale du maréchal Pétain. 

Durant toute l’occupation, le Cardinal Suhard pratiquera un loyalisme sans être inféodé envers le Maréchal Pétain. Mais comme l’a dit un jour François Mauriac "Il ne faut surtout pas juger Dieu sur les balbutiements de ses serviteurs."