Replay du vendredi 9 avril 2021

Comment mieux gérer émotionnellement les mesures de freinages, le reconfinement dans notre département

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Les astuces pour mieux vivre cette période si particulière ? Les univers virtuels et l’art de prendre du recul en télétravail à la maison ou quand on fait l’école à domicile.

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Photo d'illustration © Getty - isayildiz

Nos invités de la Clinique du Roussillon à Perpignan : 

Françoise Grau-Espel, psychiatre, pédopsychiatre.

Jean-Marc Bouix, psychologue.

Un reconfinement plus léger

On parle même officiellement de mesures de freinages plutôt que de confinement, mais malgré tout cette nouvelle période avec moins de liberté pour raison sanitaire est parfois difficile à vivre. 

Le poids des mots est important parce qu’on l'a vu lors du premier confinement, quand on avait parlé avec du vocabulaire faisant référence à la guerre. Donc, du coup, les mesures de freinage, oui, on fait attention au vocabulaire. Et puis, je pense que le message véhiculé, c'est de passer sur autre chose aussi. Peut-être distancier cette période du premier confinement qui a été assez traumatique, pour pas mal de personnes. Donc, je pense changer de vocabulaire, c'est aussi permettre de faire un référentiel sur autre chose.

Un changement concret par rapport au premier confinement d’il y a un an.

On avait aussi des mesures très, très strictes et donc l'espace extérieur à l'habitation était devenu quelque chose de dangereux, potentiellement pour nous et nos proches, on avait peur de respirer à pleins poumons. Certains coupaient la respiration quand ils croisaient quelqu'un. On avait peur de ramener ce virus à la maison. Aujourd'hui, la situation a bien évolué, mais les peurs sont encore tenaces. Certaines personnes ont tendance peut être à rester encore chez elles, mais on sait que passer du temps à l'extérieur, ça procure d'importants bienfaits physiques et psychologiques, avec des effets positifs sur l'humeur, la réduction et la fatigue mentale, le stress. Les sorties à l'extérieur améliorent le bien être en général. Donc, on a besoin, surtout en ce moment, pour faire face. Alors oui, il faut sortir, il faut se balader tout en respectant les barrières. Tout simplement parce que c'est bon pour la santé, évidemment.

Changer son type de journée

Passer d’un emploi du temps très chargé à du travail à la maison ou à un chômage partiel, c’est parfois compliqué à vivre aussi.

Il y a finalement plusieurs possibilités de changement. Il y a les gens qui, par exemple, sont au chômage partiel. D'autres qui sont en arrêt total et d'autres qui vont au contraire, vont beaucoup plus travailler. Quand on a arrêté son activité, il y a une perte d'espoir et une perte d'anticipation et donc on doit renoncer à ses projets, donc essayer de réorganiser, peut-être pour avoir un espoir, faire autrement. Ensuite, tout ce qui est arrêts de travail par rapport au chômage partiel. Il y a effectivement un sentiment d'injustice, peut-être d'inutilité, d'angoisse et aussi de culpabilité par rapport à ceux qui travaillent plus. Au premier confinement, on applaudissait les soignants, à celui-là, on n'a pas encore instauré ce type de façons de se déculpabiliser. Ensuite par rapport au télétravail c'est aussi une façon de programmer, structurer le temps avec son propre travail, avec ses loisirs et aussi avec ses enfants. Toutes les situations, se travaillent par anticipation et en mettant du positif sur la situation négative. 

Séparer les moments de la journée

Une grande partie du quotidien se déroule à domicile et il est souvent nécessaire de « baliser » les activités et de mettre en place une séparation entre loisir, travail, étude même si tout se déroule dans l’appartement, à la maison.

Ça revient à organiser un espace et un temps par rapport à ça. Et c'est vrai que c'est important au niveau de l'espace, de définir une zone pour les enfants, une zone de travail, si possible, pas dans la chambre, parce que la chambre est un lieu où on dort, où on doit être calme. Pour le télétravail, c'est pareil. Je déconseille fortement le télétravail en chambre parce qu'on mélange les espaces intimes, privés et publics. Donc ça peut être dans le salon avec des petits coins adaptés, prendre le temps de créer cet espace vraiment important. La tenue, oui, parce que symboliquement, c'est important de marquer cette différence, cette transition entre un moment où on va se mettre au travail et un moment où on va rester peut être sur la détente ou en famille. Ça permet au cerveau de passer sur des modes cognitifs différents. C'est très inconscient tout ça mais le cerveau naturellement, il a besoin d'avoir ces signaux inconscients autour de lui, qui lui indique qu'il peut se reposer, que c’est un temps de relâchement. C'est vraiment important au niveau des heures aussi, définir des heures de début, des heures de fin, des temps de pause dans la journée. Prenez un temps pour vous fixer un rendez-vous avec vous. C'est vraiment important parce que notre cerveau a besoin de ces pauses-là. Surtout que quand on travaille en télétravail, on n'a plus ces temps de pauses de discuter avec un collègue pour faire une pause-café. Donc il faut se les créer ces temps-là.

Ecoutez le podcast pour des conseils pratiques et une analyse concernant les jeux vidéo et les univers virtuels qu’affectionnent généralement les adolescents.