Replay du mercredi 25 novembre 2020

La lutte contre la violence à l’égard des femmes dans les Pyrénées-Orientales

- Mis à jour le

De l’écoute, des conseils, une orientation et des outils pour ne plus accepter l’inacceptable.

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Image d'illustration : stop © Getty - Gualtiero Boffi / EyeEm

A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, France Bleu Roussillon propose une émission spéciale avec : 

Christine Guillaume d’Apex, association à l’écoute des victimes de violences conjugales et des témoins, notamment.

Françoise Birkui du collectif Droits des Femmes, dans les Pyrénées-Orientales.

Christine Simon du CIDFF, Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles, dans le 66.

Et Ernestine Ronai, personnalité et pionnière de la lutte contre les violences faites aux femmes a accepté de participer à notre émission dans les Pyrénées-Orientales. 

Numéro d’urgence 3919

SMS d’urgence 114

Les confinements et leurs conséquences

Christine Guillaume d’Apex

Effectivement on a pu constater que le confinement avait eu des répercussions extrêmement dures auprès des femmes qui subissent ou qui ont subi des violences conjugales, en tout cas nous on a constaté surtout pendant le premier confinement une augmentation importante du stress, des angoisses, d’un mal être du fait d’être à nouveau isolé et loin des structures et des professionnels qui pouvaient les accompagner, même si effectivement le travail a pu se poursuivre, l’accompagnement par téléphone. Et c’est vrai qu’on a eu, beaucoup, beaucoup de femmes qui étaient très très mal pendant cette période, et bien sûr des femmes qui elles étaient toujours avec leur compagnon violent et qui se sont retrouvés à être confinés au quotidien. Le confinement c’est quelque chose qu’elles connaissent déjà parce que quand on est dans l’emprise d’un homme, on n’a pas la liberté. Et là, le fait qu’il n’y ait aucun espace pour souffler, ça a eu des répercussions quand même très graves et on a pu le constater au moment du déconfinement où on a eu beaucoup, nous en tout cas sur notre structure, beaucoup de femmes qui sont venues nous rencontrer pour nous dire que voilà il fallait qu’elles partent, que ce n’était plus possible. Après ce qu’on a aussi constaté pendant ce confinement c’est quand même, sur le département des Pyrénées-Orientales, gendarmes, policiers très très proches des femmes et des associations. Le confinement où on a été soutenu financièrement. Il y a eu autour quand même des violences faites aux femmes une grande solidarité qui s’est mise en place, en tout cas pour elles et les enfants ça a été très très compliqué.

Christine Simon du CIDFF

Ce qui s’est passé c’est effectivement, les femmes ont subies pour certaines le confinement mais en même temps ça leur a permis d’aller au bout du bout et de prendre de décisions définitives, alors qu’avant elles pouvaient être hésitantes. Après au niveau de l’établissement des liens avec les forces de sécurité, Police, Gendarmerie, nous au niveau CIDFF on a développé des liens directs avec Police et Gendarmerie, et également avec les médecins, et avec les avocats. Les femmes étaient un peu perdues, donc on les a aidées à s’organiser. C’est elles qui étaient autonomes dans leurs démarches, et on les a accompagnées au niveau de l’explication de ce qu’il fallait mettre en place, de ce qui était mis en place. 

Agir

Christine Simon du CIDFF

Le 3919 oriente entre autre vers le CIDFF puisque nous sommes référencés au niveau du 3919. On va regarder quelles sont les problématiques, on va l’écouter et en fonction de sa situation particulière et au moment présent, nous allons l’accompagner dans la prise de certaines décisions, est-ce qu’elle veut partir, comment elle s’organise pour partir parce qu’il ne suffit pas de partir, il faut également s’organiser puisqu’elles peuvent partir mais après le manque d’organisation peut faire qu’elles reviennent, donc bien penser les choses. Nous les accompagnons à ces stades-là, ça peut être, est-ce qu’elles veulent déposer plainte ou pas, donc si elles veulent déposer plainte nous pouvons accompagner dans le cadre de la rédaction de cette plainte, et ensuite c’est plus facile au niveau du dépôt de plainte, au niveau des services de Police et Gendarmerie, également est-ce qu’elle a besoin d’un avocat, est-ce qu’elle a des enfants, qu’est-ce qu’il se passe au niveau de l’exercice de l’autorité parentale ? Limiter au maximum la pression qui peut se mettre en place avec la présence d’enfants, quel est le danger immédiat par rapport à la femme, c’est le premier élément à prendre en compte, et qu’est-ce qu’elle veut à l’instant présent et pour le futur ? Et à ce moment-là, on la laisse décider puisque dans le cade des violences, à chaque fois, elle est toujours contrainte, or là, ce qu’on lui donne c’est une autonomie dans son pouvoir de décision. 

La Prévention et les outils pour épauler

Le rôle du collectif Droits des Femmes

Françoise Birkui

Le collectif au niveau national s’est construit en 96, et il est avant tout une instance fédératrice qui regroupe des structures qui se disent, clairement féministes, sur le département : l’APEX c’est l’accueil de jour du département vers lequel le 3919 oriente, ensuite il y a le Planning Familial, LGBT+66 … et également des syndicats.

Le rôle de l’Escale

Christine Guillaume d’Apex

L’Escale c’est un lieu où les femmes qui subissent ou qui ont subi des violences quelles qu’elles soient, peuvent venir avec ou sans rendez-vous, donc on est ouvert du lundi au vendredi, et donc sur cette structure elles vont rencontrer une équipe de professionnels et elles vont pouvoir en fonction de ce qu’elles souhaitent, en fonction de là où elles en sont de leur parcours, elles vont pouvoir trouver un accompagnement adapté, des groupes de paroles, des ateliers de sophrologie, des ateliers de self-défense, ça dépend vraiment de ce qu’elles souhaitent, c’est elles qui vont décider de ce que l’on met en place, avec de suivi aussi individuel où elles vont pouvoir préparer les dépôts de plainte, rechercher un logement. Certaines ne sont pas prêtes à partir, c’est quelque chose qu’il faut absolument respecter. Moi ce que je trouve extraordinaire, aussi dans les Pyrénées-Orientales aujourd’hui, ces femmes peuvent aussi choisir et si elles se sentent mieux accompagnées dans une structure ou dans une autre, enfin elles peuvent avoir le choix. 

Le mot d’une personnalité

Ernestine Ronai nous confie son constat en 2020.

Ernestine Ronai

C’est un constat mitigé, on a beaucoup progressé, si je regarde les lois depuis 30 ans on voit qu’on a beaucoup progressé, si je regarde, même le premier confinement, grâce au fait qu’il y a eu des informations très précises données aux femmes victimes de violences notamment dans les campagnes de communication de la télévision, de la radio, on a eu d’avantage de femmes qui ont pu se signaler en danger, les forces de sécurité se sont déplacés, et du coup on a eu des femmes dont la vie a été sauvée, ça c’est extrêmement important. Si je regarde la question de l’hébergement au niveau national, je vois que nous manquons cruellement de places d’hébergement mais pas d’hébergement n’importe comment, d’hébergement spécialisé avec des personnels formés dans des lieux non mixtes.

La question des hébergements d’urgence

Christine Simon du CIDFF

Il y a du mieux, il y a un accueil spécialisé, non mixte, qui est mis en place, c’est pour ça que l’accompagnement des femmes victimes de violences ne peux pas se faire sans les partenaires, notamment tout ce qui est hébergement d’urgence.

Le 3919

Françoise Birkui du collectif Droits des Femmes, dans les Pyrénées-Orientales

C’est très important de le faire, c’est une structure nationale qui a été mise en place, c’est très efficace puisqu’elle recense l’ensemble des structures ressources sur tous les départements.

Et si vous écoutez le podcast, témoignage anonyme de « Maud » auditrice.