Replay du mardi 1 décembre 2020

La lutte contre le SIDA dans les Pyrénées-Orientales

- Mis à jour le

Les espoirs, les traitements, le dépistage, l’accompagnement et évidemment la prévention, dans les Pyrénées-Orientales.

Illustration : ruban rouge
Illustration : ruban rouge © Getty - Saran Sinsaward / EyeEm

Journée mondiale de lutte contre le SIDA comme chaque premier décembre mais concrètement comment vivre avec le VIH dans les Pyrénées-Orientales, quels sont les traitements, quel soutien lors d’un test et de quelle façon accentuer la prévention ?

3 invitées nous guident : 

Patricia Corréard de l’association Les Fées Militantes.

Sandra Hazard de l’association AIDES.

Amélie Justine infirmière au SMIT, le Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’hôpital de Perpignan.

Et nous avons passé un coup de fil à Stéphane de l’association Maison de Vie du Roussillon.

Accompagner et vivre

C’est le message de Patricia, les personnes atteintes du VIH ne doivent plus seulement s’accorder le droit de survivre, elles peuvent vivre. Et ensemble il y a possibilité de se soutenir à travers des activités. C’est le combat de l’association Les Fées Militantes.

Patricia Corréard de l’association Les Fées Militantes

Nous on a coutume de dire, personne vivant avec le VIH. C’est une asso qui à l’origine a été créée par des personnes issues de l’association AIDES, qui ont construits ensemble sur le terrain, des actions tel qu’une permanence hospitalière au service du SMIT et à un moment donné de ce groupe de personnes émanait la volonté de construire une asso. Nous on dit, on n’est pas là pour les personnes, on est avec les personnes. C’est plutôt un type de compagnonnage, c’est du partage entre pairs, c’est du partage sur la pathologie, sur comment vivre avec un traitement, et tout ce qui est mis en place s’appelle atelier, que ce soit une rando, faire des confitures, et c’est à ce moment-là que la parole se pose.

La stigmatisation

Vivre avec le VIH c’est malheureusement encore s’exposer aujourd’hui à la stigmatisation. 

Patricia Corréard de l’association Les Fées Militantes

Le VIH reste malheureusement une pathologie très stigmatisée et stigmatisante. C’est une pathologie sociétale avant tout, ça reste compliqué de dire sa séropositivité d’où l’intérêt de pouvoir partager dans un groupe de pairs, avec un cadre étique, la confidentialité, le non jugement. Les personnes qui vivent avec le VIH viennent toutes d’horizons différents, avec des parcours très différents, souvent chaotiques, donc c’est ce qui rend compliqué aussi je pense le fait de pouvoir dire sa séropositivité. Malheureusement j’aurais envie de dire que la recherche médicale a beaucoup avancée sur le sujet du VIH, le regard de la société beaucoup moins.

La prévention, le dépistage

Depuis de décennies beaucoup de prévention à l’attention d’un public jeune mais il y a aussi à Perpignan comme ailleurs des quinquagénaires divorcés qui multiplient parfois les rencontres.  

Sandra Hazard de l’association AIDES

Le dépistage qui fait partie intégrante de la stratégie anti VIH, puisqu’une personne dépistée lorsqu’elle connait sa séropositivité, elle va pouvoir être mise sous traitement et aujourd’hui le traitement il est très efficace.

L’accompagnement lors de la phase de test.

Sandra Hazard de l’association AIDES

C’est même une peu notre première mission justement d’accueillir les personnes, pour ne pas qu’elles soient terrorisées face à un diagnostic de séropositivité parce qu’aujourd’hui ce n’est pas dramatique, les traitements ont évolué et sont très efficaces, c’est plus comme dans les années 90 où les traitements étaient pires que la maladie presque. Là, en un comprimé tous les jours, les personnes ont une vie tout à fait normale, une espérance de vie, la même qu’une personne séronégative, c’est très confortable et pas du tout astreignant et donc nous, nous les accompagnons dans ce parcours de mise sous traitement, nous avons des permanences d’accueil aussi pour les personnes qui vivent avec le VIH. J’invite les personnes à se faire dépister chez nous, il faut compter une petite ½ heure.

La première étape reste la protection avec les préservatifs, masculins et féminins dit aussi préservatifs internes.

La Maison de Vie du Roussillon

Association emblématique de Perpignan la Maison de Vie du Roussillon qui elle aussi épaule et depuis de nombreuses années les personnes atteintes par le VIH.

Stéphane

L’association créée en décembre 92 et qui à l’origine accompagnait des personnes malades du SIDA en fin de vie aujourd’hui fait également de l’accompagnement à la santé, de l’information, du conseil, de l’orientation aussi bien sur le local qu’en extérieur. Donc des ateliers, des maraudes, des stands, du dépistage, les distributions d’autotest et de matériel aussi de réduction des risques.

Parlons traitement 

Prévention, protection, dépistages ce sont les premières étapes dans la lutte contre le SIDA mais si toutefois on est séropositif, il existe aujourd’hui des solutions très concrètes au niveau traitement. On évoque souvent le mot espoir, mais c’est déjà une réalité du quotidien, notamment ici dans les Pyrénées-Orientales.

Amélie Justine infirmière au SMIT, le Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’hôpital de Perpignan

Ce traitement il permet quand même de rendre les gens porteurs du virus avec une quantité de virus dans le sang qui est tellement faible qu’on ne transmet plus, ce virus, à partir du moment où on prend le traitement tous les jours le virus ne se transmet pas parce que la charge du virus dans le sang n’est plus détectable. Donc c’est quand même énorme et j’ai envie de dire que le traitement il est déjà très efficace. On a plusieurs molécules dans un seul comprimé à prendre une fois par jour. Et puis aux Etats-Unis ça fonctionne déjà avec des injections tous les mois ou tous les deux mois et ça ne devrait pas tarder à arriver en Europe et l’avancée elle est là notamment. On se protège, on se dépiste quand on a pris un risque et puis on peut aussi dans les 48 heures après une prise de risque avoir droit à un traitement pour annuler la transmission du VIH si toutefois elle avait eu lieu, tout ça c’est en venant au SMIT du lundi au vendredi ou le week-end aux urgences de l’hôpital de Perpignan quand on a pris des risques dans les 48h après la prise de risque.

Au jour d’aujourd’hui, pas de solution pour guérir complètement du SIDA et pas de vaccin donc la première étape reste se protéger.

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