Replay du jeudi 8 avril 2021

Comment sortir du syndrome de la cabane ?

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Confinement, couvre-feux, distanciation sociale : tout est fait pour mettre les autres à distance. Le syndrome de la cabane est la manifestation d'un trouble anxieux, face la situation exceptionnelle de pandémie.

Le syndrome de la cabane est lié à un isolement contraint.
Le syndrome de la cabane est lié à un isolement contraint. © Getty - Mochammad Rifki / EyeEm

Claire Maunie Debin, coach et sophrologue, pense que la crise sanitaire nous aura bouleversé profondément : dans l'expression de nos besoins propres, dans la relation avec les autres et en s'interrogeant sur le sens même de votre vie. 

D'où vient le syndrome de la cabane ?

Le syndrome de la cabane (ou de l'escargot ou du prisonnier) est la peur sociale ou l'angoisse de sortir de chez soi. Ressentir ce syndrome, c'est trouver que le confinement est plus "vivable" que le déconfinement, ressentir le "j'ai peur de sortir de mon lieu de confinement, peur d'attraper la maladie, peur de perdre mon emploi". 

Avec le premier confinement, nous avons lâché notre monde habituel, nous avons appris à découvrir les nôtres.

Tout le monde ne souffre pas de l'isolement social

Avec les confinements, la maison est devenue un refuge : lieu clos et rassurant.

Le confinement a libéré certaines personnes qui n'arrivaient pas à trouver leur place. Il y a une grande différence entre l'isolement et la solitude. L'isolement peut être douloureux, la solitude c'est une rencontre avec soi-même.

Ce bouleversement a aussi donné de l'espoir : on allait pouvoir changer le monde. Beaucoup se sont dit que cela permettrait de faire émerger un autre modèle plus écologique, des engagements humanitaires.

Est-ce vraiment problématique de rester dans sa cabane ?

Le syndrome de la cabane a pu retisser des lien dans la cellule familiale, a donné l'occasion de faire plus de choses ensemble : cuisiner, jardiner, regarder un film...

Le côté positif de cette situation qui s'est imposée à nous, c'est que nous avons découvert des ressources intérieures. Cela a permis de mettre un focus sur nos besoins, de montrer que d'une manière générale en temps habituels, on en fait trop, on a tendance à s'oublier. 

Cette situation a été difficile pour les plus fragiles, cela a aussi généré de la violence au sein de la famille.

Comment réapprivoiser sa relation aux autres ?

Il ne faut pas dramatisé si l'on ressent ce syndrome de la cabane, les relations avec l'entourage vont se stabiliser.

Nous allons retrouver nos proches dans les prochains mois. Mais il faut accepter l'idée que tout le monde n'a pas cheminé de la même façon. Certains chemins vont s'éloigner.