Replay du lundi 21 juin 2021

Savons-nous encore prendre notre temps ?

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Le 21 juin, c'est la journée internationale de la lenteur. Dans un monde qui tourne de plus en plus vite, comment ralentir ?

Et si nous prenions exemple sur le paresseux ?
Et si nous prenions exemple sur le paresseux ? © Getty - Mark Newman

Claire Maunie Debin, sophrologue et coach, nous invite à nous poser des questions fondamentales sur nos besoins réels. 

A quoi sert de courir ?

C'est un fait, le monde va de plus en plus vite. Le niveau d'exigence pour l'exécution d'une tâche dans un temps contraint est de plus en plus élevé. La culture dominante, au travail, en société, c'est la rapidité, la vitesse, l'omniprésence. Les technologies nous rendent prisonniers. Les réseaux sociaux, l'attraction des écrans sont extrêmement chronophages. C'est une façon de remplir le vide. La vraie question est : quel est mon besoin ? Pourquoi le vide fait-il peur ?

Pour se faire du bien : ralentir !

Aller vite tout le temps, c'est aussi être tendu tout le temps. Ce n'est bon ni pour notre santé physique, ni pour notre santé mentale. 

Et si nous prenions exemple sur le paresseux ? Ce mammifère arboricole d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale diot sont nom à son extrême lenteur. Mais le nommer de "paresseux" n'est-ce pas porter un jugement négatif sur son mode de vie ? C'est le monde contemporain qui met en danger le paresseux en détruisant son habitat naturel. Le paresseux fait moins de 10 mètres à la minute. Il fait caca une fois par semaine et perd alors un tiers de son poids. Il s'accouple tous les 2 ans. Il n'est peut-être pas un exemple total pour nous... mais mérite d'être respecté.

Il faut accepter d'être momentanément à l'écart des autres, dans le respect de soi. Il faut expliquer aux autres et assumer ses besoins.

Aller à l'essentiel ?

Le but c'est de trouver un juste équilibre entre une certaine efficacité et prendre son temps pour prendre de bonnes décisions. La lenteur enrichit notre vie dans la mesure où elle nous permet de voir ce qui fait vraiment sens, ce qui nous nourrit. Pour cela, il faut accepter de sortir des injonctions du genre : "on doit" et de remettre en question les choses telles qu'on a l'habitude de les faire. Aller à l'essentiel permet d'être beaucoup plus présent à ce que l'on est, à ce que l'on fait. Cela donne de la valeur à ce que l'on vit. C'est précieux. 

Se sentir vivant à l'instant présent

Comment se sentir présent au moment que l'on vit ? Prendre conscience que l'on a un corps, une respiration, un battement de cœur. Et se poser cette question : et si c'était la dernière journée de ma vie ? Prendre du temps pour soi est souvent perçu comme égoïste. Mais c'est une preuve d'amour de soi qui ne devrait pas donner lieu à la culpabilité.

Il est important de ne pas mettre trop d'injonction sur les épaules des enfants. Ils prennent exemple sur les adultes qui les entourent. Il faut aussi respecter le rythme des enfants : pour l'apprentissage, le repos, le fait de savoir jouer seul pour leur apprendre à prendre du temps pour eux.

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