Replay du mardi 27 avril 2021

Hypersensibilité, un atout ou une galère ?

- Mis à jour le

Séverine Camus, thérapeute, auteure et hypersensible, nous aide à comprendre l’hypersensibilité trop souvent confondue avec l’hyperémotivité. Comment vivre avec ? Ou, comment vivre avec un(e) hypersensible ?

Séverine Camus, thérapeute, auteure et hypersensible
Séverine Camus, thérapeute, auteure et hypersensible © Radio France - Marie Ottoz

20% de la population serait hypersensible. Pour Séverine Camus, thérapeute et auteure spécialisée dans la réceptivité et la singularité chez l’adulte, cela semble compliqué de le savoir vraiment. L’hypersensibilité n’est pas une pathologie et il semble impossible d’établir un profil type. 

Hypersensibilité ou hyperesthésie ?

Séverine Camus préfère le terme d’hyperesthésie à celui d’hypersensible. En effet, même si dans l’hypersensibilité, on retrouve le mot sens, cela est trop souvent confondu avec une hyperémotivité et il ne faut pas faire d’amalgame entre sensibilité et émotivité. L’hyperesthésie, exprime concrètement, l’augmentation de la sensibilité de l’ensemble de nos sens. Car lorsque l’on parle d’hypersensible ce sont tous les sens physiques qui sont en jeux mais également beaucoup d’autres phénomènes comme la perception de la douleur, de la température, en recevant rapidement, de façon très fine, les informations de l’environnement où l'on se trouve. Ce qui entraîne souvent la sensation d’être submergé d’informations qui réveillent des émotions qui se transforment en comportements qui peuvent être problématiques pour l’hypersensible, comme son entourage. Ce n'est pas toujours évident à expliquer ou vivre, notamment dans un cadre professionnel.  

Il est aussi possible de voir l’hypersensible par le biais de la médecine chinoise qui définit l’humain comme un lien entre le ciel et la terre. L’hypersensible serait donc comme une antenne ultra performante. 

Les hypersensibles reçoivent, au quotidien, un flot continu d'informations sur leur environnement
Les hypersensibles reçoivent, au quotidien, un flot continu d'informations sur leur environnement © Getty - Eugene Mymrin

Un atout ou une galère ?

Brigitte, à Libourne, témoigne de la difficulté à s’insérer socialement et à se détacher du jugement des autres. Pour elle cela a été long d’apprendre à être différente. De même pour Christophe, à Saint-Laurent-du-Médoc, qui est beaucoup dans l’empathie et n’arrive pas à gérer toutes les données émotionnelles et professionnelles qui l’entourent. Il est souvent sollicité par ses collègues lorsque cela ne va pas et, comme une éponge, il ne peut s’empêcher de se sentir lui-même mal. 

A ces deux témoignages Séverine Camus rappelle qu’il est important d’accepter que les autres n’aient pas toujours la même vision du monde que nous et que cela doit être valable dans les deux sens : l’hypersensible doit accepter que les autres ne comprennent pas et son entourage doit accepter que l’hypersensible accueille différemment les ressentis. « Autrui c’est l’autre, c’est-à-dire le moi qui n’est pas moi »*. Et pour que les deux parties arrivent à se comprendre il est essentiel de parler de soi et de ce que l’on ressent, sans pointer l’autre du doigt, « j’ai ressenti ça… » « j’ai mal vécu cette situation… ». Si, comme Christophe, les gens viennent volontiers se confier il faut savoir ce qu'ils attendent de cet échange. Cela empêche des conversations qui ne sont pas de votre ressort et qui peuvent créer une fatigue émotionnelle et sensorielle pour un hypersensible.

Pour aider les hypersensibles à réguler leurs émotions et comprendre pourquoi tous leurs curseurs se mettent en alertes, il est possible de se tourner vers les Fleurs de Bach, très utiles pour apaiser émotions, sentiments et humeurs. 

* Jean-Paul Sartre, L’Etre et le néant

Facebook

severinecamuslesite@gmail.com

Mots clés: