Replay du lundi 24 mai 2021

Michel Tognini, astronaute

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A quoi ça sert d’aller dans l’espace ? Comment se prépare un astronaute ? Comment s’organise la vie dans l’espace ? Michel Tognini fait partie des dix Français qui sont allés dans l'espace. Celui qui a en parti recruté Thomas Pesquet explique les coulisses de son métier à Déborah Grunwald.

Michel Tognini, astronaute
Michel Tognini, astronaute © Radio France - Déborah Grunwald

Michel Tognini a participé à la 15ème expédition vers la station Mir en 1992 et à la 26ème mission de la navette spatiale Colombia en 1999. Chef du centre des astronautes européens pendant 8 ans, c’est lui qui a recruté en partie Thomas Pesquet. 

Vaisseau, navette, station... Après une redéfinition des différents termes utilisés en astronomie, Michel Tognini revient sur le recrutement de Thomas Pesquet et les différentes étapes qu’il a dû passer. 

Ce dernier faisait alors partie des 8.400 candidats volontaires. Ce qui a beaucoup plus à l’équipe de recrutement, c’est le double profil de Thomas Pesquet à savoir ingénieur d’un côté et pilote à Air France de l’autre. 

Une importance très haute a été mise aussi sur le côté psychologique car il faut pour l’astronaute être capable de vivre avec les autres et faire face à l’agressivité. 

Et puis Thomas Pesquet avait aussi cette faculté de bien communiquer auprès des différents médias. 

Quand vous êtes dans un environnement fermé, on peut devenir agressif

La phase de préparation psychologique avant un voyage dans l’espace se fait en plusieurs étapes. 

La première est une sélection psychologique individuelle et en groupe qui se fait à partir de jeux de rôles pour voir comment chacun va réagir au temps de parole, à la timidité, au respect des autres. 

Ensuite, il y a un entraînement psychologique pour les faire “sortir de leur zone de confort” par différents exercices autres que ceux réalisés dans des simulateurs. 

Il fallait tourner à 180° par seconde et baisser la tête toutes les 5 secondes

Et puis il y a le fameux “tabouret tournant”. Une épreuve par laquelle est passée Michel Tognini à ses débuts. Il s’en souvient encore ! 

La seule chose à laquelle un astronaute ne peut pas se préparer, c’est d’être en apesanteur plus de 20 secondes et de travailler dans cette situation. 

Ce qui est fabuleux dans l’espace, c’est qu’on se rend compte que l’être humain s’adapte complètement

Dans l’espace, de nombreuses expériences sont réalisées. Lors d’une de ses missions, Michel Tognini devait travailler sur le côté médical. Il avait à sa disposition un échographe.  

Dans l’espace, le sang et tous les liquides vont partir des pieds et monter dans la tête. Les jambes diminuent pendant que la tête gonfle. 

L’équipe s’est aperçu que le cœur, les reins, l’estomac par exemple changent de forme. 

Comme le cerveau a beaucoup de sang et de liquides, le cœur va rétrécir

Ces expériences ont une répercussion sur notre vie sur terre. Ils ont découvert notamment à travers une autre étude, que l’ostéoporose est réversible. 

Les astronautes étudient également la fabrication de médicaments dans l’espace car il y ait plus facile d’analyser certaines molécules. “La formule mathématique est plus précise, donc on pourra faire le médicament de façon plus précis”. Une centaine de maladies sont analysées actuellement. 

Sont observées également les modifications du sang ou des hormones pendant un vol spatial. C’est ainsi que suite à un séjour spatial, l’ADN d’un astroaute avait été modifié. Pourquoi et comment ? Ils ne savent pas encore. 

Il faut 4 minutes pour quitter l’atmosphère. Au bout de 9 minutes, on est autour de la terre à 28.000 Km/h

Le décollage est un moment très très fort. Michel Tognini se souvient encore du dernier étage qui propulse l’équipe à 28.000 Km/h. Une vitesse qui permet de faire 16 fois le tour de la terre en une journée. 

Sa première émotion est forcément celle de voir la terre aussi “belle et fragile”. 

Et puis après il y la vie dans l’espace. Les astronautes se font des journées et des nuits semblables à celles de la terre. Pour cela, ils se calent sur l’horloge du centre de contrôle de Moscou ou de Houston. Dans l’ISS, il se basent sur un temps moyen, celui de Greenwich. 

Par contre à 7h30, tout le monde doit être prêt pour le briefing du matin. Chacun part ensuite réaliser ses expériences dans des modules différents. S’enchainent ensuite, les réparations, l’inventaire, et puis le sport. Les repas se font ensemble. 

Il y a 10 à 15 rendez-vous à la seconde ou minute près par jour

Après une journée de 15h de travail, le coucher est assez simple. Car même s'il n’y a pas de fatigue physique il y a une forte fatigue mentale. 

La chambre ressemble à une petite cabine téléphonique mais “c’est suffisant pour avoir son intimité et y mettre son ordinateur, ses photos de familles, ses bibelots...”. Quelque chose de très important psychologiquement. 

Au tout début des vols dans l’espace, la pression était tellement forte et incroyable que certains astronautes sont revenus très perturbés.  

Aujourd’hui les astronautes sont suivis par des psychologues avant, pendant et après leurs missions. 

C’est des moments tellement uniques, qu’on aimerait y revenir

Le livre est disponible depuis le 24 mars
Le livre est disponible depuis le 24 mars -

--> Pour aller + loin : Michel Tognini vient de publier “Un café dans l’espace, les aventures d’un astronaute français” aux éditions Humensciences 

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