Replay du mardi 19 novembre 2019

Emilie, une putain de guerrière !

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Emilie vit dans le Gard depuis 4 ans pour fuir les violences de son ex-conjoint

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illustration © Maxppp - .

Emilie, représente l'association "Putains de guerrières", dans le département  du Gard. Cette association défend les Femmes concernées par les violences conjugales.  Elle a du quitter sa région d'origine pour être à l'abris des violences de son ancien conjoint avec qui elle vivait avec ses deux enfants. 

136 féminicides depuis le début de l'année en France

Dans un rapport publié ce dimanche, l'Inspection générale de la Justice note une vingtaine de dysfonctionnement dans la prise en compte en amont des féminicides, dans le retour d’expérience et le suivi des auteurs déjà condamnés. Il faut notamment selon l'IGJ améliorer le "repérage et le traitement" des violences conjugales qui précèdent le crime.    

Le rapport est basé sur des faits d'homicides commis durant les années 2015 et 2016. 

En tout, 88 dossiers criminels ont donné lieu à un procès aux assises. Étudiés, ils révèlent que les crimes "se sont déroulés sur tout le territoire national, en milieu urbain comme en milieu rural." Mais aussi que "15% des auteurs avaient déjà été condamnés pour violences conjugales dont 77% pour des faits commis sur la même victime".    Pour ce qui est des profils, "85 % des auteurs sont des hommes et 83 % des victimes sont des femmes". Ces crimes concernent toutes les générations, et majoritairement commis avec "une arme blanche".  

Des facteurs de risques

"antécédents de violences" chez l'auteur, "alcoolisme et dépendance aux produits stupéfiants", "inactivité professionnelle", "isolement social ou familial", "maladies psychiatriques" chez l'auteur ou la victime, ou encore que la victime soit une femme. Enfin, les "faits sont principalement commis au moment de la séparation du couple".    En ce qui concerne les peines prononcées à l'encontre de l'accusé, elles sont "plus élevées que les peines prononcées en moyenne" par rapport à des faits d'homicides sans violences conjugales. Et le délai du traitement judiciaire dans ce domaine est en moyenne moins long que pour d'autres affaires.    

De nombreux dysfonctionnements dans le traitement des violences conjugales qui précèdent le crime. 

Pour faire baisser le nombre d'homicides conjugaux, il faut tout d'abord faire des efforts dans le repérage et le traitement de ces violences conjugales affirme l'IGJ : "35% d'entre elles n'avaient jamais été dénoncées alors qu'elles étaient connues de l'entourage et 65% dénoncées aux forces de police."    Mais les auteurs du rapport dénoncent aussi "un signalement par les professionnels de santé insuffisant, un suivi non systématique de faits (...) trop souvent traités en 'mains courantes' et non en procès-verbaux", et un "suivi des auteurs condamnés pour violences conjugales insuffisant."   

24 recommandations que Nicole Belloubet veut mettre en oeuvre

Au total, le rapport propose 24 recommandations au ministère de la Justice pour améliorer la lutte contre les violences conjugales. La ministre de la Justice et garde des Sceaux Nicole Belloubet "s'engage à mettre en œuvre" toutes les recommandations écrites dans ce rapport.

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