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"La place des morts" de Sylvie Granotier

la place des morts - sylvie granotier

Encore un excellent suspens de Sylvie Granotier !

Catherine Monsigny est une jeune avocate du cabinet parisien de Me Renaud. Elle s’implique dans les affaires pénales qu’elle défend. Ça limite sa vie privée, mais elle reste proche de sa meilleure amie Stéphanie. Alors que Catherine séjourne en Provence, un intrus vient troubler ce moment de détente. Âgé de vingt-trois ans, Lucas Gachon prétend être son demi-frère, originaire lui aussi de la Creuse. Dans une précédente affaire, Catherine a éclairci certains mystères familiaux, non sans que persistent des zones d’ombre. Elle ne croit pas à leur parenté, mais accepte de s’occuper des problèmes judiciaires de Lucas. Il est soupçonné de meurtre, au cours d’un règlement de compte entre la bande de son ami François et la victime. L’arme du crime appartenait au père de Lucas, lequel nie s’en être servi.

Après que le jeune homme se soit livré à la police, Catherine est de retour à Paris. Au cabinet, elle est intriguée par Clémentine, la mûre cousine de Me Renaud. Un possible cas de harcèlement au travail, ayant entraîné un suicide, amène les deux femmes à chercher des preuves de l’abus de pouvoir. C’est surtout Clémentine qui va bientôt confirmer les faits, car c’est une situation qu’elle a vécue elle-même. Témoin des amours de sa copine Stéphanie avec le bel architecte marié Thomas, Catherine devient brièvement plus intime avec l’amant de son amie. Assurément, il est préférable de s’éloigner du séducteur Thomas. Avocat ne manquant pas de style, Asghar conviendrait mieux à la jeune femme. D’ailleurs, des vacances en Grèce leur permettront de se rapprocher. Entre-temps, d’autres soucis surgissent.

En prison à Guéret, Lucas a fait une tentative de suicide sans gravité. Ce qui nécessite une sévère mise en point entre Catherine et lui. Le collègue creusois de l’avocate essaie d’éclaircir les circonstances et le rôle de chacun, quitte à engager un détective perspicace. À Paris, l’épouse de l’architecte Thomas a disparu, peu après une dispute du couple. Sans doute la version de l’amant de Stéphanie est-elle plausible, mais Catherine hésite à devenir son avocate. Quand Thomas est incarcéré, il se dit convaincu de la mort de sa femme, et soumet à Catherine une hypothèse pas insensée. Elle pèse toujours le pour et le contre, avant d’accepter de le défendre. L’affaire traitée par Clémentine a de sinistres conséquences pour celle-ci. À Guéret, le souvenir de la mère de Catherine est évoqué avec insistance par le père et la glaçante sœur aînée de Lucas…

Précisons qu’il ne s’agit pas une histoire d’avocat et de prétoire, ni d’un ordinaire roman d’enquête. Si Catherine à des airs de “citadine absolument débordée” dont le cœur balance entre deux hommes, on est bien loin des personnages-type de certains romans féminins. C’est une jeune femme endurcie par la vie, comme on a déjà pu le vérifier dans “La rigole du Diable ”, son premier dossier. “Décidément, elle n’en finit pas de gratter une plaie refermée depuis longtemps. C’est absurde de revenir encore et toujours sur cette affaire qu’elle considérait comme réglée. Qui est réglée. Les morts doivent rester à leur place.”

Catherine, professionnelle de la Justice, attentive aux cas dont elle est chargée, certes. Malgré tout, elle n’est pas une machine. Entre zones d’ombre, hésitations ou états d’âme, erreurs possibles et failles perso, se dessine son portrait profondément humain. L’écriture subtile de Sylvie Granotier n’est toutefois pas si sombre, ni intimiste à l’excès. C’est un festival de péripéties qu’elle fait traverser à son héroïne. Sur son chemin riche en méandres, Catherine sait éviter les impasses pour parvenir à ses buts. Voilà certainement ce qui fait la force de cette histoire énigmatique, dont le tempo ne faiblit jamais. 

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