Replay du vendredi 25 juin 2021

Comment cesser de se comparer aux autres ?

Comment réussir à cultiver notre singularité au lieu de nous comparer aux autres ? Cécile Guéret, psychopraticienne à Tours, nous aide à y voir plus clair !

Et vous  ? Vous comparez-vous aux autres ?
Et vous ? Vous comparez-vous aux autres ? © Getty - Eric O'Connell

Comment cesser de se comparer aux autres ? Cécile Guéret nous invite à bien comprendre que nous avons le droit d'être singuliers !
La comparaison n'est pas nocive en soi, ce qui l’est, c’est la croyance que si on est pas au top on est rien. Nous sommes des êtres sociaux qui avons conscience de nous-mêmes. notre narcissisme ne se construit pas en autarcie, tout seuls, loin des autres, mais dans le regard, la confirmation et le soutien de nos semblables et ce, tout au long de notre vie.
+ Dès la petite enfance, on est comparé aux autres enfants (frères, sœurs, camarades…) en famille, en classe.
+ Pour construire notre personnalité, nous choisissons des modèles. Se comparer permet aussi de progresser, de nourrir l’ambition, de nous soutenir.
Mais trop nous comparer aux autres risque de nous faire courir après un idéal inatteignable, nous nous retrouvons harassés de ne jamais savoir si la ligne d’arrivée est proche et précipités dans le doute et l’insatisfaction, une profonde fragilisation narcissique : sommes-nous suffisants ? Sommes-nous acceptables avec ce que nous sommes, nos failles, nos imperfections, nos difficultés, nos zones d’ombre? N’étant jamais sûrs d’être aimables, nous ne cessons de nous comparer aux autres pour évaluer notre place dans le classement de la réussite de soi. 

Ayons de la tendresse pour notre imperfection L’indulgence que nous avons pour nos amis, que nous aimons avec (et non pas malgré) leurs défauts, pourquoi ne parvenons-nous pas à l’avoir pour nous-mêmes ? Pour mieux nous aimer et être plus en relation avec les autres, peut-être pourrions-nous avoir de la tendresse pour notre imperfection. Soyons, pour reprendre la célèbre expression du psychiatre Donald Winnicott, « suffisamment bons » et reconnaissons comme nos qualités s’imbriquent bien avec nos défauts. Si nous ne sommes pas les rigolos de service ou les personnes cultivées que nous aimerions être, peut-être sommes-nous doués aux fourneaux ou fidèles en amitié ? Nous avons tous des qualités et nous sommes tous des humains imparfaits. Nous naissons ainsi, petits nourrissons pas finis, sans la moindre fourrure pour nous protéger, incapables de nous nourrir seuls ni de tenir sur nos pattes (au contraire du poulain ou de la girafe). Cette « néoténie », comme disent les biologistes, est propre au genre humain. C’est bien sûr une grande vulnérabilité car nous dépendons des soins de notre environnement pour survivre. Mais c’est aussi cette défaillance naturelle qui nous permet de créer des liens avec nos semblables. C’est cette imperfection qui nous pousse à aller vers les autres, à avoir besoin de l’autre, à avoir besoin les uns des autres, même en grandissant et ce, jusqu'à notre mort. 

Cécile Guéret, thérapeute de couple à Tours et psychopraticienne en Gelstalt Thérapie est également autrice du livre "Aimer c'est prendre le risque de la surprise" aux éditions Albin MICHEL.   
Contact : 06.61.99.01.54

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