Replay du jeudi 15 avril 2021

Comment favoriser l'auto-régulation dans votre jardin ?

Comment parvenir à l'auto-régulation dans son jardin ? Voici, pour y arriver, les conseils de Simon Ladouce, permaculteur et formateur en permaculture à Tauxigny !

Il est urgent de regarder les limaces autrement...
Il est urgent de regarder les limaces autrement... © Getty - ullstein bild /

Auto-régulation et rétroaction : deux principes permacoles à mettre en place dans son jardin avec Simon Ladouce qui nous l'explique ici.
On prend comme toujours exemple sur la Nature qui elle, s'auto-régule en permanence. Alors, créer un jardin en permaculture va impliquer des changements de comportement qui apporteront d'autres problématiques. Beaucoup de personnes disent par exemple "oui mais si je mets de la paille, j'ai des limaces et des escargots, etc." Oui, quand on bouleverse un milieu naturel, il faut s'attendre à ce qu'il y ait des conséquences, on crée des conditions favorables à l'arrivée de certains hôtes. Mais l'idée en permaculture, ou en agroécologie (les deux sont liées), c'est, non pas de regarder les limaces et de se dire "Oh là là, vite, un piège à bière, la planche pour les récupérer la nuit à la frontale !" Non, il s'agit plutôt d'essayer de comprendre. Il y a des limaces, c'est quoi, elles viennent d'où et à quoi elles servent ? Puis, qu'est-ce qu'on peut faire, plus tard, l'année prochaine, pour réguler cela en créant les conditions favorables aux prédateurs de ces limaces ou escargots fin que nos petites laitues soient épargnées. (Ceci étant posé, vous pouvez aussi, si vous voulez récolter 20 laitues, en planter 40, c'est la part de la Nature sans qui vos laitues ne pousseraient pas du tout !)

Saviez-vous que ce sont les limaces qui vont favoriser la mycorhization de votre parcelle de jardin ? En fait, lorsque les limaces mangent des feuilles, elles absorbent aussi les petits champignons microscopiques qui sont dessus. Une fois les spores de champignons passés dans le tube digestif de la limace, cela devient une boulette fécale de limace qui va permettre l'inoculation de ces spores de champignon dans la parcelle. Donc, au final, la limace apporte pour l'année suivante car les champignons vont aider les plantes à se nourrir via leur présence sur leurs racines qui vont aller chercher les minéraux dans le sol. La mycorhization est le résultat de l'association symbiotique entre des champignons et les racines des plantes. La mycorhization apporte aux plantes : une meilleure résistance à la sécheresse, une meilleure utilisation des nutriments du sol, une meilleure résistance aux champignons pathogènes, un système racinaire plus dense et plus ramifié, une meilleure croissance notamment).
C'est un bel exemple d'auto-régulation : on fait quelque chose qui a une conséquence inattendue et indésirable. Dans le cas présent, on peut installer des petits hôtes à insectes (pas ceux du commerce) mais des tas de feuilles, des petits tas de bois (qui vont abriter des carabes (prédateurs des limaces)), des petits tas de pierre... Si on laisse ou si on plante des haies arbustives, les oiseaux vont venir et mangeront eux aussi les limaces et escargots. En fait, si on laisse les éléments naturels, ce sont les oiseaux, les insectes ici en l'occurrence, qui vont faire le travail de manger limaces, chenilles, etc.
Et là est le principe de rétroaction : à une action correspond une ou des conséquences, j'observe puis je fais autre chose pour contrebalancer et créer les conditions de l'auto-régulation.  L'exemple ici est qu'on met de la paille sur des cultures, cela fait venir des limaces. On invite donc les prédateurs des limaces en leur donnant gîte et couvert et petit à petit, on se retrouve avec quelques limaces qui ne font pas de gros dégâts et un jardin dans lequel les rapports sont à l'équilibre.

La permaculture, tout le monde en parle mais on ne sait pas toujours bien à quoi cela correspond, sachant que ses principes s’appliquent à tous les domaines de la société humaine. Inspirée par le modèle d'agriculture naturelle de l'agriculteur japonais Masanobu Fukuoka (1913-2008),”ce concept a été théorisé dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison (biologiste) et David Holmgren (essayiste). Le terme « permaculture » signifiait initialement « culture permanente » puis avec le temps il a été étendu pour signifier « culture de ce qui est permanent dans le sens (sociologique) de pérenne ou viable ». L'éthique de la permaculture peut être résumée ainsi : 

  • Prendre soin de la nature (les sols, les forêts, l’eau et l'air) 
  • Prendre soin de l’humain (soi-même, la communauté et les générations futures) 
  • Partager équitablement, limiter la consommation et la reproduction et partager le surplus. “ (source : wikipédia) 

Ici, nous vous donnons les moyens de comprendre et mettre en application les fameux principes permacoles afin que votre jardin devienne un lieu de vie foisonnante, un écosystème à part entière, que votre potager soit nourricier tout au long de l’année sans pour autant travailler d’arrache-pied du moins, une fois quelques petites choses mises en place.  

Simon Ladouce est concepteur et formateur en design permacole installé à Tauxigny. Contact : 06 59 88 48 06  

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