Replay du mercredi 5 mai 2021

Que faire face aux hoplocampes de vos fruitiers ?

Avez-vous des larves d'hoplocampe sur vos fruitiers ? Maryse Friot, Présidente de la Société d'HOrticulture de Touraine nous

Quand la larve d'hoplocampe mange la pomme...
Quand la larve d'hoplocampe mange la pomme...

Les hoplocampes sont des hyménoptères phytophages : ils se nourrissent de matières végétales. Les larves de ces insectes se développent principalement sur trois espèces de fruitiers : les pommiers, les poiriers et les pruniers. ·Hoplocampa testudinea mange les pommes, ·Hopoclampa brevis : les poires, ·Hopoclampa flava et Hoplocampa minuta : les prunes. Les larves de ces 4 espèces d’hoplocampe vont perforer les fruits et les rendre impropres à la consommation.
Ces 4 espèces se ressemblent fortement et mesurent entre 4 à 7mm. Ces hyménoptères ressemblent à la fois aux guêpes et aux mouches. Leurs ailes se distinguent par un nombre important de nervures. Les adultes et les larves de l’hoplocampe du pommier sont toutefois plus grands que les trois autres.
Les larves sont des fausses chenilles (elles ressemblent à des chenilles mais ne donneront jamais des papillons !) avec 7 fausses paires de pattes abdominales, leur tête est foncée et leur corps blanchâtre à jaune.  Les hoplocampes ont en général un cycle d’une durée de 1 an, parfois 2. Les femelles adultes pondent sur les fleurs épanouies, perforant les calices. La reproduction est «parthénogénétique», les œufs non fécondés donnent seulement des femelles. Chaque femelle pond en moyenne 30 œufs sur la période du milieu du printemps. Les œufs ont une incubation d’une petite quinzaine de jours avant de donner naissance à des fausses chenilles.

Pour le pommier, c’est à la fin du printemps que les larves vont se développer dans la chair des jeunes fruits avant de se laisser tomber au sol en début d’été pour effectuer leur diapause (sorte d’hivernation) dans un cocon noir soyeux. Cette diapause dure 1 à 2 ans. C’est en mars que les larves vont se nymphoser et émerger du sol. Ce sont les larves et non pas les adultes qui viennent causent des dégâts sur les fruits. Elles mangent la chair des pommes, poires et prunes créant une perforation noirâtre de l’épiderme, circulaire en forme de poinçon, d’où viendront s’écouler des déjections foncées. Les larves d’un stade plus avancé vont pouvoir entrer dans plusieurs fruits, jusqu’à 5 par larve et déposer des excréments bruns dans le fruit et au niveau du trou de sortie. L’hoplocampe de la pomme, provoque sur le fruit un «enrubannement» caractéristique à la surface, qui va entraîner une déformation du fruit lors de son développement. Sur les pommiers, les poiriers comme sur les pruniers, les attaques d’hoplocampe entraînent une chute très précoce des fruits, notamment lors de la nouaison. Les fruits perforés sont inconsommables. Il est possible de détecter la présence des hoplocampes par l’installation de pièges englués blancs. Si vous en avez, la seule solution reste le lâcher poules dans le verger, mais attention, les poules nécessitent de la place et qu'on s'en occupe !

Maryse Friot, Présidente de la Société d'horticulture de Touraine, intervient également sur le jardin, le monde du végétal chaque samedi de 9h à 10h dans l'émission jardin sur France Bleu Touraine : "Jardins, terrasses et compagnie". Elle vous répond aussi comme toujours en direct dans le forum jardin entre 9h35 et 10h. Vous pouvez m'envoyer vos questions jardin et vos photos à isabelle.dorso@radiofrance.com 

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