Le conseil pratique du jour

Du lundi au vendredi à 9h40

seniors et immobilier
seniors et immobilier © Getty - Getty

Pascal Jan, comité des banques : Emprunter après 60 ans, est-ce possible ?

Diffusion du jeudi 12 mars 2020 Durée : 4min

A l’heure où les taux de crédit restent faibles, notamment les crédits immobiliers, les seniors se demandent s’il vaut mieux emprunter ou piocher dans son assurance-vie ou dans d’autres produits d’épargne. La réponse de notre banquier Pascal Jan.

La vie ne s’arrête pas à 60 ans et heureusement. Les seniors ont plein de projets possibles : une résidence secondaire, un nouveau logement mieux adapté au futur grand âge... ou tout simplement changer de voiture.

Beaucoup de français pensent, que compte-tenu de leur âge, il n’est plus possible d’emprunter. C’est faux. Les banques prêtent aux seniors et le font même de plus en plus fréquemment.

Mais n’y-a-t-il pas un problème pour l’assurance décès invalidité ?

Pour les crédits à la consommation, l’assurance décès est facultative. Donc pas de soucis.

Pour le prêt habitat, en effet, il faut une assurance emprunteur. Avant de se lancer dans un projet d’acquisition nécessitant un financement extérieur, la première chose à faire est de vérifier si l’on est assurable et à quel prix.

Généralement, les assureurs couvrent les prêts immobiliers jusqu’aux 70 ans de l’emprunteur ou jusqu’aux 85 ans dans le cadre de contrats plus spécifiques. L’assurance-crédit immobilier obligatoire couvre systématiquement trois risques : décès, invalidité et incapacité de travail. Pour le chômage, c’est vous qui décidez de vous assurer ou non. A la retraite, les couvertures incapacité de travail et perte d’activité sont inutiles. 

Cela doit coûter cher ?

Oui, l’assurance de prêt immobilier des seniors reste chère. À 60 ans, elle peut augmenter le taux de crédit de 1 % du capital emprunté, contre 0,15 à 0,20 % entre 28 et 30 ans.

Comment se passe le questionnaire médical ?

Après 60 ans, l’assureur vous posera une cinquantaine de questions, voire demandera un examen médical poussé, avec prise de sang.

Que se passe-t-il si j’ai eu un cancer par exemple ?

La loi a instauré un « droit à l’oubli » pour les cancers, après un maximum de 10 ans. Passé ce délai, à compter de la fin de la chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie, et si vous n’avez connu aucune rechute, vous n’êtes plus tenu de signaler cet antécédent à la banque ou à l’assureur.

Quelles garanties vont être demandées ?

Pour éviter l’hypothèque qui coûte cher, les seniors peuvent adosser leur prêt à un produit financier, comme une assurance-vie. En contrepartie, le placement étant gagé, ils ne pourront pas y toucher avant la fin du remboursement, en tout cas pas à l’équivalent de la somme restant à rembourser.

Est-ce que le taux du crédit sera plus élevé ?

Non, le taux n’est pas lié à l’âge. Par contre l’assurance est plus élevée comme on l’a vu tout à l’heure. Le taux du prêt va dépendre de la durée du prêt et du montant de l’apport.

J’ai 60 ans, je suis encore en activité et je compte partir en retraite à 62 ans. Quels revenus vont être pris en compte par la banque ?

La banque tiendra compte dans son devoir de conseil de la retraite prévue et pas du revenu actuel.

Est-ce qu’il existe d’autres types de prêts pour les seniors ?

Oui. Prenons le cas des seniors sans enfants. Ils peuvent faire un prêt viager hypothécaire

Lorsque le senior est déjà propriétaire d’un logement, le prêt viager hypothécaire peut être une solution dans le cas de l’achat d’une maison plus grande ou située dans une zone géographique où le prix du m² est plus élevé.

Durant sa vie, l’emprunteur touche une rente ou un capital versé par la banque et la banque se rembourse par la vente du bien hypothéqué après le décès de l’emprunteur.

Et si j’ai des enfants ?

Dans ce cas, il y a le prêt hypothécaire cautionné. Le principe est un peu le même que le prêt viager, mais cette fois l’emprunteur rembourse son prêt par mensualité comme pour un emprunt classique. Ce prêt est limité à 70 % du prix de vente, ne nécessite pas d’assurance emprunteur mais par contre est plus cher

Au décès de l’emprunteur, la banque vend le bien pour récupérer le capital restant dû. Les héritiers touchent alors la différence entre le montant de la vente et le montant du capital restant à rembourser. Si les héritiers désirent conserver le bien immobilier, ils peuvent également rembourser la banque du capital restant dû.

Quel conseil donneriez-vous à un auditeur qui s’interroge ?

Prenez contact avec votre conseiller bancaire. Demandez-lui la couverture assurance proposée par la banque. Faites lui faire une simulation du crédit et je suis convaincu qu’il saura vous faire la bonne proposition adaptée à votre situation.

En matière d’assurance emprunteur il est fondamental d’avoir une vue à long terme pour le client, dans la mesure où la situation tant patrimoniale, que professionnelle, voire en terme d’état de santé peut évoluer au cours de la durée d’un prêt.

La recherche du meilleur prix ne doit pas être l’unique critère de choix pour un emprunteur potentiel, il est primordial de s’intéresser aux garanties et aux risques couv