Replay du jeudi 25 janvier 2018

L'endométriose

Une maladie qui touche 1 femme sur 10

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Un peu d’anatomie pour commencer. L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Il gonfle et s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse et s’il n’y a pas fécondation, il se désintègre et saigne. C’est le cycle menstruel. Classique. 

Sauf que parfois ce tissu va se développer ailleurs, en dehors de l’utérus. Et s’il n’est pas diagnostiqué, ou trop tard, il peut alors coloniser d’autres organes, provoquer des kystes ou carrément aller jusqu’à des risques d’occlusion intestinale.

La semaine dernière, la haute autorité de santé a actualisé ses recommandations destinées aux professionnels de santé en se penchant enfin sur l’endométriose. L’objectif étant d’améliorer le diagnostic, le traitement et d’informer les femmes aux mieux.

Les symptômes 

Ils sont difficiles à diagnostiquer clairement car ils sont souvent liés au cycle menstruel, et c’est difficile de faire la différence entre ça et les douleurs on va dire classiques des règles. 

Mais dans la plupart des cas, on parle de très fortes douleurs, qui irradient parfois jusque dans le dos et les cuisses. On parle aussi de règles très abondantes et de troubles gastro intestinaux, de grande fatigue, avec pour certaines l’incapacité d’aller en cours (car oui ça touche aussi les jeunes filles) ou au travail… Parfois il n’y a pas de douleurs et les femmes découvrent alors qu’elles souffrent d’endométriose au moment où elles souhaitent un enfant. Enfant qui ne vient pas. On fait des tests et c’est là qu’on voit cette colonisation de l’endomètre sur les organes reproducteurs. C’est d’ailleurs une des principales causes de l’infertilité voire chez certaines de la stérilité.

Se soigner

Ça passe par des traitements pour la douleur, des traitements hormonaux, il y a des pilules qui vont améliorer l’état de l’endométriose, ou alors changer carrément de contraception, et puis on peut aussi envisager un acte chirurgical, quand les kystes sont trop importants ou que l’endométriose touche dangereusement certains organes. Dans les cas extrêmes, c’est même l’ablation de l’utérus qui doit être envisagée. Ça a été le cas pour l’animatrice télé Enora Malagré en toute fin d’année. Ça peut faire sourire et en faire râler certains cette médiatisation médicale, n’empêche qu’elle a au moins le mérite de faire parler de ce souci…

Le vrai problème de l’endométriose, c’est qu’elle n’est pas encore bien reconnue par les médecins. Elle n’est pensée qu’en toute fin de parcours après avoir changé 3 fois de pilule, après s’être entendu dire que c’est dans la tête (fort sympathique) et souvent elle est diagnostiquée beaucoup trop tard. Donc plus on en parle plus on peut espérer que ce mot-là sera lâché aussi dans les consultations parce qu’une femme sur 10, ce n’est quand même pas rien !

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