Toutes les émissions

Le coup de projecteur de France Bleu Elsass

Du lundi au vendredi à 12h05

Paul-Antoine Dantès
Paul-Antoine Dantès - FTV / JMD

Paul-Antoine Dantès et Koenigshoffen dans Gsuntheim

Diffusion du jeudi 5 octobre 2017 Durée : 13min

L'alsatique "Koenigshoffen, un faubourg de Strasbourg, 2.000 ans d'histoire" est le fruit d'un travail minutieux de Paul-Antoine Dantès. Savez-vous entre autre, que Koenigshoffen attira au XIXe siècle, environ dix brasseries ? Réécoutez-le en alsacien avec Pierre Nuss.

Réécoutez Paul-Antoine Dantès, auteur de l'alsatique "Koenigshoffen, un faubourg de Strasbourg, deux mille ans d'histoire". Il se confie à Pierre Nuss avant son passage dans l'émission Gsuntheim sur France 3 Alsace.

Les faubourgs de Strasbourg, longtemps négligés par les historiens locaux, trouvent peu à peu leur narrateur qui s’attelle à la tâche de faire connaître leur passé et d’évoquer le patrimoine de ces composantes essentielles de Strasbourg. Paul-Antoine Dantès était tout à fait qualifié pour mener à bien cette entreprise et faire revivre les grandes étapes du passé du « plus ancien faubourg de Strasbourg, Koenigshoffen ». Militant de longue date de l’association de quartier Koenigshoffen demain, il s’est beaucoup investi pour la conservation de son patrimoine. Son père, lui aussi natif de ce faubourg, lui a transmis, outre sa passion pour l’histoire, une belle collection de cartes postales anciennes qui illustrent magnifiquement l’ouvrage.

Celui-ci s’articule autour de neuf grands chapitres bâtis autour de « thèmes fédérateurs inspirés par les différents sites du faubourg » et se conclut par un épilogue sous la forme d’« une complainte pour un faubourg mal aimé ». Il est complété par plusieurs annexes, dont un dossier consacré à la Villa Schweitzer à l’avenir incertain, un tableau des professions et activités tiré de l’Adressbuch der Stadt Strassburg de l’année 1908, enfin par une chronologie et un index qui sont les bienvenus.

Nous avons particulièrement apprécié les passages consacrés à la route des Romains, où régnait longtemps un esprit villageois avec ses nombreux bistrots et ses petits commerces, ainsi que le quartier de la Chartreuse, prieuré démoli en 1591 dans le contexte agité de la Réforme et dont il ne reste plus rien de nos jours.

Paul-André Dantès s’est passionné pour la période romaine au point d’intituler le chapitre qu’il lui consacre Ave Caesar. Toutefois, c’est par erreur qu’il situe la victoire décisive du César Julien sur les Alamans en 357 non loin de la colline de la Musau. Les recherches menées par Jean‑Jacques Hatt dans les années 1960 ont montré qu’elle se déroula au pied de la colline d’Oberhausbergen.

Resté longtemps un gros village vivant de l’agriculture, Koenigshoffen attira tout au long du XIXe siècle des activités brassicoles liées à la présence de terres limoneuses qui prolongent la terrasse de Schiltigheim. Environ dix brasseries fonctionnaient en 1870. Parmi celles-ci, se distinguaient les brasseries Freysz, Grüber, Prieur et Schneider. Le caractère impressionnant de la Villa Schweitzer-Grüber, qui date de cette époque, témoigne de l’opulence de ces occupants.

Le choix du grand format qui rend la lecture de l’ouvrage agréable, des chapitres aérés, une illustration variée et de qualité, enfin une érudition jamais prise en défaut, tout ceci donne envie de prendre la direction de ce faubourg pour en découvrir les richesses insoupçonnées, avant que celles-ci ne disparaissent irrémédiablement.