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Les déplacements à vélos sont présents dans les agendas 21
Les déplacements à vélos sont présents dans les agendas 21 © Radio France - Anne Oger

Au fait ça existe encore les Agendas 21 pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Diffusion du mercredi 10 octobre 2018 Durée : 3min

Vous vous souvenez, au début des années 2000, certaines communes ont adopté des Agendas 21 pour mieux lutter contre le réchauffement climatique. Presque 20 ans après, que sont-ils devenus dans les 22 communes concernées dans le Loiret ?

Les agendas 21 sont nés au sommet de la terre de 1992 à Rio... En même temps que le terme de développement durable. L'idée, c'était qu'il fallait associer les citoyens au défi de la préservation de la planète, et adopter une feuille de route au niveau local. En France, ils ont commencé à se mettre en place en 2002, mais ils n'ont jamais décollé. Un peu plus de 1100 collectivités locales en France ont un. Dont 22 communes dans le Loiret : Orléans, Olivet, Ingré, mais aussi Coudray, Givraines, Jargeau. Et le département du Loiret. A Orléans par exemple il contient 234 points précis, autour de six objectifs, réalisés nous dit-on à 90%. A Ingré, il y en a 100, avec des principes très larges et flous, parfois, comme mieux informer les habitants sur les économies d'énergie, mais d'autres plus concrets, comme la fin des serviettes en papier à la cantine, l'achat d'une voiture électrique. 

Aujourd'hui c'est l'idée même de développement durable qui est remise en cause, l'urgence écologique n'est pas compatible avec cette idée 

En 2014, la cour des comptes avait critiqué les agendas 21, dont on n'a jamais évalué le coût, qui partaient dans tous les sens, et qui n'avaient pas de cohérence. D'ailleurs, la région Centre Val de Loire, qui aidait les collectivités à mettre en place leurs agendas 21 abandonne le dispositif, cette année. Mais pour une raison de fond explique Charles Fournier, le vice-président à la transition écologique : "c'est l'idée même du développement durable qui aujourd'hui est bousculée. Ca n'est plus l'enjeu, c'est le problème de la compatibilité entre notre modèle économique et notre modèle écologique. Le développement durable nous racontait qu'on pouvait tout articuler, c'est faux, et de ce fait les agendas 21, construits sur cette idée, sont remis en cause"

Les élus se rendent compte que leurs électeurs ont des attentes de plus en plus fortes en matière d'environnement

Mais dans les communes où les agendas 21 existent, et où les élus se sont vraiment impliqués avec leurs habitants, les actions existent aussi, et elles sont souvent plus en pointe qu'ailleurs. Et c'est tant mieux parce que c'est là que les choses bougent le plus, dans les communes dit Laure Ayouaz, du comité21, qui accompagne les initiatives locales : "les collectivités se rendent compte que leurs habitants et donc leurs électeurs, ont des attentes de plus en plus fortes dans ce domaine, je pense que c'est vraiment à cet échelon-là qu'on voit le plus de choses se mettre en place aujourd'hui".  

Le plan climat air énergie de la métropole d'Orléans en retard

A Orléans, l'Agenda 21 existe toujours, et des dispositifs se mettent en place maintenant dans les écoles, 7 écoles orléanaises se sont dotées de leur propre plan. Mais sur l'enjeu de la réduction de la consommation d'énergie, de la qualité de l'air, de la production locale d'énergie également, les objectifs ont basculé sur la Métropole, qui est en train de mettre au point son Plan Climat Air Energie Terrotorial. Avec un peu de retard : il devait être présenté en conseil métropolitain en novembre 2018, finalement ce sera janvier 2019. Un plan dont l'ambition est de diminuer par deux nos consommations d'énergie et multiplier par 7 la production d'énergies locales, d'ici 2050. Il va falloir sérieusement s'y mettre.

Nous n'atteindrons pas notre objectif d'une baisse de 20% de nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020

Alors qu'a Orléans, l'un des objectifs majeurs de l'Agenda 21, celui de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 ne sera pas atteint. "Nous sommes aujourd'hui à moins 13,6% de réduction de nos gaz à effet de serre, nous ne pourrons sans doute pas faire beaucoup mieux seuls, c'est pour cela que nous avons maintenant un plan commun avec la Métropole" reconnait Stéphanie Anton l'adjointe au développement durable. Des explications qui agacent Jean-Philippe Grand, l'élu écologiste d'opposition : "le problème c'est que la ville n'a misé que sur la mise en service de ses deux chaufferies biomasse, au sud et au nord, pour atteindre cet objectif. C'est l'essentiel du résultat, rien d'autre n'a été mis en place. On a encore deux ans pour atteindre l'objectif, il faut le faire"