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Anne-Marie Slézec, auteure de "Médecin au Front"
Anne-Marie Slézec, auteure de "Médecin au Front" © Radio France - Anne Oger

Centenaire 14-18 : "médecin au front", un médecin au plus près des blessés

Diffusion du vendredi 9 novembre 2018 Durée : 3min

Dans le décryptage de France Bleu Orléans consacré au centenaire de la Grande Guerre, Anne-Marie Slézec, une habitante de Ferrières en Gatinais, évoque le livre qu'elle publie à partir des carnets de Georges Legros, médecin à Montrichard, parti soigner les blessés au front en 1914

Georges Legros a 53 ans quand il part au front, dès 1914. Il est médecin de campagne à Montrichard, dans le Loir-et-Cher, et il est député de son département. Il veut être au plus près du front et finit par être affecté à une ambulance. C'est Anne-Marie Slézec qui s'est plongé dans les carnets les carnets de Georges Legros, ils étaient au fond d'un placard à Montrichard. Aujourd'hui, ils sont archivés au Museum d'Histoire Naturelle à Paris, grâce à elle. Une ambulance, c'est un hôpital de campagne, juste derrière le front. Georges Legros se déplace au fil des batailles, les Islette, Verdun, le chemin des dames.

Au front les chirurgiens apprennent sur le tas, les gueules cassés, les fractures, les trépanations. Les conditions sont terribles, tout manque, les moyens d'asepsie, les anesthésiques. Il faut tout inventer, créer ses propres outils, comme ce four pour stériliser les instruments, inventé par un infirmier de l'équipe de Georges Legros, qui était menuisier dans le civil. Par nécessité, Georges Legros devient un spécialiste de la gangrène gazeuse, ce mal qui ronge les soldats de l'intérieur, ceux qui au front ont été gazés. Ca aussi c'est un mal nouveau. Avec d'autres médecins de l'institut Pasteur, Georges Legros finira par concevoir un vaccin.  

Le témoignage de Georges Legros raconte une grande désorganisation, dans les services de santé, comme dans l'armée.  L'évacuation des blessés, par exemple, n'a jamais été pensée, organisée, dit-il. A Bouy dans la Marne, l'état-major de l'armée leur dit de se tenir près à accueillir 10 000 blessés.  Il en arrive 96 000... Bouy où Georges Legros doit faire jouer ses appuis politiques, simplement pour éviter de sauter avec son ambulance. Au témoignage écrit de Georges Legros s'ajoute un peu plus de 400 photos, prises pendant ses 4 années au front, certaines difficiles à soutenir... Mais qui donne à voir cette guerre, au plus près de ceux qui l'ont faite.