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L'autoroute A10 à Saran, aujourd'hui à 3 voies, demain à 4 voies ?
L'autoroute A10 à Saran, aujourd'hui à 3 voies, demain à 4 voies ? © Radio France - Stéphane Barbereau

Comment le projet d'élargissement de l'A10 au Nord d'Orléans est-il né ?

Diffusion du vendredi 1 décembre 2017 Durée : 3min

Dans le décryptage de FB Orléans ce matin, gros plan sur le projet d'élargissement de l'autoroute A10 au nord d'Orléans, qui fait l'objet d'une enquête publique à partir d'aujourd'hui : comment ce projet est-il né ?

Orléans et l'autoroute A10, c'est déjà une vieille histoire... Mais une histoire qui a bien failli n'avoir jamais lieu ! Car à l'origine, l'A10 dont l'objectif était de relier le périphérique parisien à Bordeaux, ne devait pas passer par Orléans mais par Chartres. Il a fallu une décision prise en Conseil des ministres, en 1967, pour que le tracé soit modifié en faveur d'Orléans. L'ouverture à la circulation pour la partie orléanaise date de 1973. A cette époque, entre Artenay et Saran, on roule sur 2 voies ! La portion est élargie à 3 voies en 1990 - mais visiblement ça ne suffit plus, puisque Vinci, le concessionnaire de l'autoroute, veut un nouvel élargissement à 4 voies... L'argument : l'augmentation constante du trafic sur cette partie qui fait 16 kms, située entre l'échangeur avec l'A19 et l'échangeur avec l'A71. On en est 63 000 véhicules par jour, dont 16% de camions, explique Guillaume Lapière, directeur du projet chez Vinci : "63 000 véhicules/jour c'est déjà en soi un trafic important. Le fait de rajouter une quatrième voie va fluidifier le trafic et améliorer la sécurité".

On sait que cette portion est surtout saturée pendant les vacances au moment des départs et des retours.... Le trafic s'élève alors à 100 000 véhicules par jour, il y a même eu un record à 140 000 véhicules enregistré un jour d'août 2014. ! Mais le projet a pris un an de retard : la faute aux inondations de 2016... Vinci a dû intégrer cette problématique et envisage à présent de construire un tunnel sous l'autoroute à Gidy pour évacuer l'eau...

Mais à l'origine de ce projet d'élargissement, il n'y a pas que la question de la circulation, il y a aussi des considérations d'ordre économique !

Oui car ce projet fait partie du plan de relance autoroutier signé le 2 septembre 2015 entre le gouvernement et les principales sociétés d'autoroutes. Une vingtaine d'opérations, avec pour objectif de relancer le secteur des travaux publics... Au total, 3,27 milliards d'euros investis, 8 200 emplois assurés pendant la durée des travaux jusqu'en 2024. Le mécanisme, inauguré lors d'un précédent plan en 2010, est bien rôdé : les travaux sont entièrement payés par les sociétés d'autoroute, qui en échange obtiennent de la part de l'Etat une prolongation de la durée de leur concession... Dans le cas de l'A10, les travaux sont estimés à 222 millions d'euros, payés donc par Vinci, qui en échange voit sa concession prolongée de 2 ans et demi, soit jusqu'en 2034 ! Le chantier, qui pourrait démarrer l'an prochain, va durer 7 ans et nécessitera 250 emplois pendant toute cette période.