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Le covoiturage entre le travail et le domicile, c'est le décryptage de France Bleu Orléans ce matin
Le covoiturage entre le travail et le domicile, c'est le décryptage de France Bleu Orléans ce matin © Maxppp - Philippe Pauchet

Expérimentation covoiturage : les habitants d'Orléans Métropole ont-ils joué le jeu ?

Diffusion du jeudi 17 mai 2018 Durée : 3min

Orléans Métropole a soutenu financièrement pendant 6 mois les trajet domicile-travail effectués en covoiturage sur l'application Klaxit. C'était une première en France après la région Ile-de-France, mais le coup de pouce financier n'a pas forcément suffi. Bilan de cette expérience de 6 mois.

En ces temps de grève à la SNCF, on sait que le covoiturage à la  cote. Bien avant que le gouvernement n'entame son bras de fer avec les  cheminots, Orléans Métropole a subventionné les trajets domicile-travail  de ses administrés à condition de les effectuer en covoiturage. C'était  une expérience de 6 mois, elle vient de se terminer avec l'application  WayzUp, désormais Klaxit.  

Un nombre insuffisant de covoitureurs

774 personnes se sont inscrites sur l'application  pendant l'expérimentation de six mois.  Mais seulement 35% d'entre-elles  ont pu trouver un covoiturage. Autrement dit, cela représente 270 covoitureurs.  Ce ne pèse pas lourd quand on sait que 22 communes composent Orléans  Métropole, avec 290 000 habitants. L'opération covoiturage a donc touché  0,1% de la population métropolitaine. David Thiberge, l'élu en charge  des transports l'admet, "ce n'est pas satisfaisant. On doit pouvoir  développer le co-voiturage mieux que ça. Pour le moment, sur les courtes  distances, il n'est cas rentré dans les moeurs, alors qu'on le voit  bien sur les longs trajets, c'est un succès." Alors l'élu se demande s'il ne faudrait pas ouvrir le dispositif à des communes au delà de Métropole, "pourquoi  ne pas étendre la zone de couverture, je suis devant la carte du réseau  de tous les trajets qui arrivent dans la Métropole entre 6 heures et 11  heures du matin, et on voit bien qu'il y a des gens qui arrivent de  Châteauneuf, Loury, Beaugency, évidemment la grande majorité des  voitures sont à l'intérieur de la Métropole, mais pas seulement. Le  bassin de vie de l'orléanais va au-delà des 22 communes de  l'agglomération."  

Des conditions pourtant avantageuses

"Circuler au frais de la mairie," l'idée est progressiste.  Cela existe en Ile-de-France. Mais Orléans était la première ville en  région à subventionner le covoiturage. Concrètement, les  habitants dont les trajets avaient pour départ ou arrivée l'une des 22  communes, pouvaient rouler gratuitement dans la limite de 2 trajets par  jour de maximum 40 kilomètres chacun. L'enveloppe d'Orléans  Métropole étaient de 20 000 euros, soit 10 000 trajets de 20 kilomètres.  Le nombre de trajets effectués pendant ces 6 mois ne nous a pas été  communiqué. Mais on est très loin du compte. "L'enveloppe est encore bien remplie," confirme l'élu. 

La Métropole va-t-elle laisser tomber l'expérimentation ?

La question du covoiturage reste d'actualité. "On y croit toujours," explique David Thiberge. Aujourd'hui, 55% des déplacements du quotidien se font en voiture.  Orléans Métropole se dit volontariste pour faire baisser ce ratio et  croit plus que jamais au covoiturage malgré cette première  expérimentation décevante. Mais David Thiberge réfléchit à une nouvelle  formule : "On va lancer une prolongation de l'expérimentation, mais  cette fois on ne subventionnera plus les voyageurs, les passagers ou les  conducteurs. Notre modèle proposera une aide aux entreprises qui font  les mises en relation - une aide directe aux entreprises, comme Klaxit  avec laquelle on travaille. On va aussi solliciter d'autres sociétés."  Autrement dit, l'argent de la collectivité irait directement à la  start'up et non plus dans les poches du conducteur ou des passagers. Ce  sera à l'opérateur de proposer aux covoitureurs des tarifs attractifs.