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Yuan Zi, le panda géant mâle "prêté" par la Chine au zoo de Beauval
Yuan Zi, le panda géant mâle "prêté" par la Chine au zoo de Beauval © Maxppp - Chen Yichen

La diplomatie du panda, c'est quoi ?

Diffusion du lundi 4 décembre 2017 Durée : 3min

En attendant la venue de Brigitte Macron aujourd'hui au zoo de Beauval pour le baptème officiel du petit panda né le 4 août dernier, on se pose cette question dans le décryptage de France Bleu Orléans : pourquoi parle-t-on de "diplomatie du panda" ?

Petit retour en arrière : nous sommes le 15 janvier 2012... ce jour-là, Huan Huan et Yuan Zi - en français Joyeuse et Rondouillard - débarquent au zoo de Beauval. L'arrivée des deux pandas géants est saluée par Maurice Leroy, alors président du Département du Loir-et-Cher : "C'est la première fois depuis 1973 que la Chine "offre" des pandas à la France", s'enthousiasme alors Maurice Leroy qui rappelle que "le panda est un outil diplomatique pour la Chine".

Le précédent panda accueilli par un zoo français s'appelait Yen Yen, et il est mort en 2 000 au zoo de Vincennes (à l'âge de 28 ans). Pour les pandas de Beauval, les négociations ont commencé dès 2005 : la famille Delord, propriétaire du zoo, part en Chine avec une lettre de recommandation de la France. Pékin rétorque alors que la demande doit être faite par le président français. C'est ce que fait Nicolas Sarkozy, en 2010, lors d'une visite officielle en Chine. Visite à laquelle assiste Patrice Martin-Lalande, alors député du Loir-et-Cher : "C'était une visite d'Etat dans la Maison du Peuple, et je me souviendrai toute ma vie du petit coup d'oeil de Nicolas Sarkozy à mon égard : dans ce décor solennel et pesant, après avoir fait un tour du monde des problèmes de la planète, aborder cette histoire de pandas était tout de même assez extraordinaire", raconte aujourd'hui l'ancien élu. La Chine, qui a eu du mal à digérer la rencontre de 2008 entre le dalaï-lama et Carla Bruni, l'épouse de Nicolas Sarkozy, tardera à répondre. Mais le feu vert pour le prêt de 2 pandas à Beauval est finalement donné en 2011.

On parle donc de "diplomatie du panda" : c'est une pratique chinoise en fait très ancienne.

C'est une pratique qui remonte à l'époque impériale ! Dès le VIIème siècle, l'empereur chinois a ainsi offert un panda au Japon. Au XXème siècle, Tchang Kaï-Chek a remis cette pratique au goût du jour, suivi ensuite par le régime communiste. L'exemple le plus célèbre, c'est en 1972 : un couple de pandas est offert aux Etats-Unis - 2 mois seulement après la venue à Pékin de Richard Nixon, premier président américain à se rendre en Chine communiste... Le panda est donc bel et bien symbole, souligne Patrice Martin-Lalande : "C'est une espèce rare, considérée en Chine comme un trésor national. C'est aussi un outil de rayonnement pour la Chine auprès du grand public".

C'est enfin devenu également une affaire de gros sous... Puisque depuis 1984, les pandas ne sont plus donnés mais prêtés : comprenez loués. Les termes du contrat avec Beauval sont confidentiels, mais on parle d'un million de dollars payé par le zoo chaque année pendant 10 ans. Quant au bébé panda, la Chine le récupérera lorsqu'il aura 3 ans.