Toutes les émissions

Le Décryptage de FBO

Du lundi au vendredi à 7h20

La 1 000ème façade rénovée a été inaugurée ce week-end à Orléans, rue de Croix-Bois.
La 1 000ème façade rénovée a été inaugurée ce week-end à Orléans, rue de Croix-Bois. © Radio France - François Guéroult

La politique de rénovation des façades à Orléans

Diffusion du lundi 4 juin 2018 Durée : 3min

Dans le décryptage ce matin, on revient donc sur cette barre symbolique que vient de franchir la barre d'Orléans : on a dépassé les 1 000 façades anciennes rénovées en centre-ville. Qu'y a-t-il derrière ce chiffre ?

Alors le chiffre exact à ce jour, c'est 1 068 façades anciennes rénovées depuis 2002 - date à laquelle la ville d'Orléans a lancé sa politique de rénovation obligatoire des façades en centre-ville. La première était située rue de la Poterne, la millième est rue Croix de Bois, dans le quartier Carmes... Car au passage, le périmètre concerné a été étendu : au quartier Bourgogne se sont ajoutés les boulevards et les amorces des faubourgs St Vincent, Bannier et St Jean... Une politique qui a permis de redécouvrir les maisons à pans de bois, et de redonner des couleurs à la ville, estime Muriel Chéradame, l'adjointe à l'urbanisme : "On avait une ville considérée comme triste, grise... Et aujourd'hui on a une ville patrimonialement reconnue : il a suffi en fait de la révéler. C'est ça qui a été fait depuis 2002 : la révélation de la ville à elle-même."

Les travaux - c'est en moyenne 35 000 euros - sont à la charge des propriétaires, avec une subvention de 30% de la part de la ville : cela représente 12 millions d'euros d'aides versées depuis 2002 - et aussi 40 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les entreprises qui ont travaillé sur ces chantiers

Cette politique fait aujourd'hui largement consensus, même s'il y a encore parfois des grincements de dents...   L'opposition de gauche a toujours réclamé que les subventions de la ville soient modulées en fonction des revenus des propriétaires, ce que la majorité municipale a toujours refusé. Et c'est bien dommage, regrette Dominique Lebrun, ancien conseiller municipal communiste, "parce que derrière, il y a des petits propriétaires qui avaient acheté un bien et qui se retrouvent à la retraite avec des revenus moindres et à qui on dit : "Vous devez faire une rénovation de façade." J'en connais qui ont préféré vendre, alors bon, il n'y en a pas tant que ça, mais cela a existé."

Des dossiers donc très minoritaires, la ville souligne d'ailleurs qu'actuellement, dans 1 cas sur 3, les propriétaires sont eux-mêmes volontaires pour rénover leurs façades, et n'attendent donc pas les injonctions de la mairie...  Cette politique de rénovation des façades a donc + de 15 ans, et ce n'est pas fini. En moyenne, la ville adresse des obligations de rénovations à 100 propriétaires chaque année, parallèlement au renouvellement des voieries. Les rues Notre Dame-de-Recouvrance et des Grands Champs seront bientôt concernées... Et selon Muriel Chéradame  la ville réfléchit même à mettre en place une aide pour accompagner les ravalements des façades rénovées il y a plus de 10 ans et qui nécessitent "un coup de propre".