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C'est dans cette immeuble que Lucie a été poignardée.
C'est dans cette immeuble que Lucie a été poignardée. © Radio France - Cyrille Ardaud

Femme poignardée à Orléans : Pourquoi Malik Sow était-il sorti de prison ?

Diffusion du mercredi 30 mai 2018 Durée : 3min

Pourquoi Malik Sow était-il sorti de prison ? C'est la question que beaucoup se pose après la mort de cette jeune mère de famille à Orléans, samedi dernier. Son meurtrier présumé avait déjà été condamné à 20 ans de prison, et il devait y rester jusqu'en 2022. Qu'est-ce que la liberté conditionnelle?

La liberté conditionnelle, c'est un détenu qui a déjà purgé une partie de sa peine, et qui souhaite en sortir, pour se réinsérer dans la société. Malik Sow était sorti de prison en 2012. Il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2004, pour le meurtre d'un livreur de pizza. Sachant qu'il avait déjà effectué 2 ans de détention provisoire. Il est donc resté derrière les barreaux : 10 ans, soit la moitié de sa peine. Voilà pour les calculs. Mais en fait, il a bénéficié d’un régime de semi-liberté en 2012 puis a été placé en liberté conditionnelle en 2013.   

Pendant cette liberté conditionnelle, quelles sont ses obligations ?   

Il y a bien évidemment des mesures de contrôle. C'est ce qu'on appelle le délai d'épreuve. Ce temps où le condamné libéré est placé sous la surveillance du JAP, le juge d'application des peines, et d'un travailleur social du SPIP, le service pénitentiaire d'insertion et de probation. Pour Malik Sow, cette durée de surveillance avait été fixée jusqu'à la fin décembre de cette année. Il était cuisinier dans la restauration collective, répondait à ses convocations, justifiait de son emploi du temps et suivait son obligation de suivre des soins. En prison, son comportement avait été jugé normal. Aucun incident n'avait donc été identifié jusqu'à ce samedi tragique. Où il a commis plusieurs entorses à son délai d'épreuve : venir dans le Loiret, cela lui était interdit et porter une arme, le couteau de chasse avec lequel il a poignardé son ancienne petite amie.   

A quoi sert la liberté conditionnelle ?  

La justice préfère éviter les sorties sèches. L'idée, "c'est de prévenir la récidive et de mieux réinsérer les détenus," explique Claire Botte, la directrice du service pénitentiaire d'insertion et de probation d'Orléans, "c'est un sas entre l'incarcération et la sortie de prison. Cela veut dire que pendant ce délai les personnes ne sont pas complètement seules, elles ont des obligations. Si on attend la sortie, après son incarcération, il ne doit plus rien à la société. Alors que pour la libération correctionnelle, il y a des règles nécessaires. ils ne sont pas libres de faite ce qu'ils veulent. Et ils rendent compte au SPIP où dans chaque département, il y a des personnes qui les accompagnent. Ces rendez-vous sont naturellement obligatoires. Un rendez-vous manqué, c'est dangereux, et il sait qu'il peut retourner en prison, retour à la case départ. Car il faut aussi que notre société soit rassurée. Ces personnes doivent rendre compte," ajoute Claire Botte. 

En tous les cas, le débat avec ceux qui pensent que la justice est trop laxiste, n'est pas tranché. La libération correctionnelle a fait ses preuves au Canada, en Belgique ou encore en Suède.