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Conférence de presse au Tribunal de Blois
Conférence de presse au Tribunal de Blois © Maxppp - Patricia Pourrez

Retour sur 30 ans de mystères autour de la petite martyre de l'A10

Diffusion du vendredi 15 juin 2018 Durée : 3min

Retour ce matin sur l'incroyable histoire de l'inconnue de l'A10 : cette fillette retrouvée morte en 1987 le long de l'Autoroute A10, à Suèvres, dans le Loir et Cher. Ses parents, âgés de 66 ans et 64 ans, viennent d'être interpellés et écroués. France Bleu Orléans revient ce matin sur cette énigme.

L'affaire de " l'inconnue de la l'A10", appelée aussi "le martyre de l'A10," commence en août 1987 par la diffusion par les gendarmes d'une photo de la fillette. On y voit une jeune enfant au visage tuméfié, enroulée dans une couverture. Son corps porte des traces de coups, de brûlures et même de  de morsures humaines. Les gendarmes n'ont alors aucune piste, aucun indice. Ils vont faire circuler le cliché auprès de 66.000 écoles en France. Ils vont également interroger des assistances maternelles, des médecins, envoyer des signalements à l'étranger. En 1993, l'affaire est aussi  évoquée dans l'émission de Jacques Pradel "Témoin Numéro 1", sur TF1. Mais, tout ça sans succès.

L'inconnue de l'A10 est enterrée à Suèvres à l'été 87

La tombe de la petite fille à Suèvres  - Radio France
La tombe de la petite fille à Suèvres © Radio France - Patricia Pourrez

L'inconnue de l'A10 est  enterrée à Suèvres, là où son corps a été découvert. Pour la petite commune du Loir et Cher, 1.600 habitants, cette affaire a aussi été un choc. A l'époque des faits, le maire s'appelait Kléber Cousin. Il avait fait aménager une petite tombe dans le cimetière communal.  " Cette affaire" dit-il " a toujours hanté la commune". "Nous on le vit encore, voyez sur la tombe, il y a toujours des fleurs. Des gens de passage viennent parfois en déposer". "Pour nous, ce sera toujours la petite fille de la commune".

L'affaire relancée en 2007 par le Parquet de Blois 

Le nouvel appel à témoins lancé en 2012 - Maxppp
Le nouvel appel à témoins lancé en 2012 © Maxppp - SGaudard

Pour éviter que l'affaire ne soit définitivement classée, le Parquet de Blois ouvre une nouvelle information judiciaire en 2007. Le dossier est repris à zéro par les gendarmes de la Section de Recherches d'Orléans. Tous les scellés de l'époque sont réexaminés. Avec les progrès de la science, les experts de la gendarmerie finissent par retrouver d'infimes traces d'ADN sur une couverture qui enveloppait le corps de la fillette. Dès 2012, un profil génétique des parents est établi et inscrit dans le fichier nationale des empreintes génétiques. Cette même année 2012, le Parquet de Blois relance un appel à témoins. " Peut-être que quelqu'un finira par avoir des remords et sera prêt à parler" disait à l'époque la Procureure de la République de Blois. 

L'ADN a finit par parler !!

Finalement, c'est grâce à la science et à peu de hasard que l'affaire est en passe d'être élucidée. En 2016, un jeune homme est interpellé à Villers-Cotterêts dans l'Aisne pour une affaire violence. Son ADN est prélevé et comme dans les films, ça va " matcher" avec l'ADN retrouvé sur les affaires de la fillette. Après de nouveaux recoupements, les gendarmes ont interpellé les parents en début de semaine. Agés de 66 et 64 ans, ils s'accusent mutuellement d'avoir tué leur fille. Ils ont tous les 2 été écroués jeudi soir. Ce sera maintenant à l'instruction de déterminer le rôle de chacun avant un probable procès devant les Assises.