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La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux © Maxppp - maxppp

Exercice à la centrale nucléaire de Saint-Laurent des Eaux : sommes-nous bien protégés en cas d'accident ?

Diffusion du jeudi 12 avril 2018 Durée : 3min

Alors que se tient depuis mercredi un exercice de sécurité à la centrale nucléaire de Saint Laurent des Eaux (Loir-et-Cher), la préfecture confirme que le PPI (plan particulier d'intervention) passera de 10 à 20 kilomètres autour du site.

C'est une mesure annoncée en avril 2016 par Ségolène Royal, alors  ministre de l'Environnement : le périmètre des Plans particuliers  d'intervention (PPI) autour des centrales sera élargi de 10 à 20 kilomètres. Mais deux ans après, les modifications géographiques et administratives sont loin d'être abouties. Pour les centrales de Dampierre-en-Burly (Loiret) et Belleville-sur-Loire (Cher), par exemple, aucune date de révision  des PPI n'a été fixée pour le moment. C'est d'ailleurs l'un des  reproches formulés par les anti-nucléaires : la ministre n'avait pas imposé de date butoir.

Une réflexion bien avancée à Saint-Laurent-des-Eaux

A la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, la réflexion est toutefois déjà bien avancée. L'exercice organisée actuellement permettra de faire évoluer le nouveau PPI, qui sera révisé avant la fin de l'année, affirme la préfecture du Loir-et-Cher. "Le périmètre est élargi suite à l'accident de Fukushima", explique Marie-Frédérique Whitley, directrice de cabinet du préfet. "Il  va aussi tenir compte des vents, sachant ensuite que les conséquences  radiologiques sont bien moindres au delà de ce périmètre". Pour le  moment, 23 communes se trouvent dans le rayon de 10 kilomètres,  essentiellement dans le Loir-et-Cher, mais aussi dans le Loiret  (Beaugency, par exemple). La nouvelle liste étendue n'a pas encore été  dévoilée par la préfecture, mais à moins de 20 kilomètres de la  centrale, Meung-sur-Loire, Jouy-le-Potier, ou encore Ligny-le-Ribault pourraient se retrouver dans le périmètre. Quels sont les changements qu'impliqueront ces nouveaux périmètres ? Cela devrait induire une nouvelle campagne de distribution de comprimés d'iode  dans toutes les communes nouvellement concernées. La prise de ces  pastilles permet d'éviter la fixation d'iode radioactive sur la  thyroïde, principale cause de cancers en cas d'incidents. Selon la  préfecture du Loir-et-Cher, des mesures concernant "la consommation de l'eau et des denrées alimentaires" pourront être prises. 

Insuffisant selon les associations anti-nucléaire

Autre nouveauté à venir : à l'intérieur de ce périmètre de 20 kilomètres, il y aura un petit périmètre de 5 kilomètres (2 kilomètres auparavant), où la préfecture "aura la possibilité de déclencher une évacuation de manière immédiate",  explique Pierre Boquel, chef de la division d'Orléans à l'Agence de  sûreté nucléaire (ASN). Selon lui, ces nouveaux périmètres restent avant  tout de la théorie. "Pour les PPI, on trace un  cercle à 360°, mais dans la gestion d'un accident réel, on tient compte  de la direction du vent, de la météo, de l'éventuelle diffusion de  polluants." Les associations dénoncent quant à elles des périmètres encore insuffisants. Si une catastrophe telle que Fukushima arrivait à nouveau, les PPI devraient être effectifs dans un rayon de 100 kilomètres  pour pouvoir réellement assurer la sécurité des habitants, estiment de  nombreuses ONG et associations comme Sortir du nucléaire. Pour Françoise  Pouzet, la représentante dans la région Berry-Giennois-Puisaye, "les  leçons de Fukushima et Tchernobyl ont montré que les retombées  radioactives, en cas d'accident, se portent au moins à 80 kilomètres.  EDF joue sur le fait qu'ils sauront contrôler s'il y a un problème  grave." D'autres militants sont mêmes plus critiques sur l'élargissement du périmètre, allant jusqu'à parler "d'enfumage et de communication".